À l'approche de la visite du Pape Léon XIV au Cameroun, des familles de prisonniers politiques saisissent l'occasion pour demander la libération de leurs proches. Un mémorandum a été remis à l'archevêque de Douala, Samuel Kleda, dans l'espoir que le souverain pontife puisse intervenir en leur faveur.
Le Collectif des Femmes et Mères de prisonniers politiques (COFEM), mené par des figures de la société civile telles qu'Alice Nkom, Makini Tchameni (épouse de Djeukam Tchameni), et Henriette Ekwe, a officiellement remis le mémorandum le 13 avril 2026. Ce collectif dénonce la détention de Djeukam Tchameni, ainsi que celle de nombreuses personnes arrêtées dans le cadre de la crise dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Elles estiment que la voix du Pape, de par sa portée universelle, peut contribuer à faire avancer les appels à la justice et à l'apaisement. Une pétition internationale soutenant cette cause aurait déjà recueilli plus de 580 000 signatures.
L'archevêque de Douala, Samuel Kleda, a souligné l'importance spirituelle de la visite papale, appelant les fidèles à devenir des « artisans de paix ». Il a également abordé la question des détenus après les crises électorales, soulignant que certains n'ont pas été jugés, ce qui témoigne d'une détérioration de l'état de droit. Mgr Kleda espère que la visite du Pape offrira une opportunité de libérer les prisonniers détenus sans jugement.
La visite du Pape Léon XIV au Cameroun, qui se déroule du 15 au 18 avril 2026, intervient dans un contexte délicat, marqué par des espoirs de paix mais aussi par des craintes d'instrumentalisation politique. Le pays reste marqué par le conflit dans les régions anglophones et les tensions post-électorales. Des voix critiques craignent que la visite ne soit perçue comme un soutien au gouvernement de Paul Biya, fragilisé par des accusations de répression.
Le programme du Pape inclut une rencontre pour la paix à Bamenda, épicentre du conflit anglophone, et une messe pour la justice et la paix. Des séparatistes ont annoncé une pause des combats pour permettre le bon déroulement de la visite. La venue du Pape est perçue par certains comme un moment d'unité nationale, tandis que d'autres espèrent qu'elle permettra de mettre en lumière les problèmes de droits humains et les conditions de détention des prisonniers politiques.
La situation des prisonniers politiques reste un sujet sensible au Cameroun. L'appel des familles à la libération de leurs proches intervient alors que le Pape Léon XIV effectue sa première visite en Afrique, un voyage de 10 jours qui le mènera également en Algérie, en Angola et en Guinée équatoriale.
L'attention portée par le Pape à la situation des prisonniers pourrait encourager des avancées vers la réconciliation et la justice dans le pays.