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Violences domestiques au Cameroun : un problème de société persistant

La violence domestique au Cameroun persiste, touchant femmes et hommes. Les chiffres sont alarmants, avec 43% des femmes victimes. Prévention, répression et soutien aux victimes sont essentiels pour u

Violences domestiques au Cameroun : un problème de société persistant
Actualités Cameroun

Au Cameroun, la violence domestique reste un problème de société majeur, touchant des femmes, des hommes et des enfants de tous horizons. Malgré une prise de conscience croissante, le phénomène persiste, alimenté par des inégalités sociales, économiques et culturelles profondément enracinées.

Selon l'Enquête Démographique et de Santé du Cameroun (EDS-MICS 2018) et une dépêche d'Afrobarometer publiée en 2024, environ 43 % des femmes âgées de 15 à 49 ans déclarent avoir subi au moins une forme de violence physique ou sexuelle au cours de leur vie. Les mariages précoces, qui concernent encore 12 % des filles de moins de 15 ans, constituent une autre forme de violence structurelle. Les données sur les féminicides, bien que fragmentaires, révèlent une augmentation inquiétante, avec 76 cas recensés en 2024 contre 57 en 2023. Il est important de noter que ces chiffres sont probablement sous-estimés en raison de la stigmatisation et de la pression sociale qui dissuadent les victimes de signaler les abus.

Les violences domestiques ne se limitent pas aux agressions physiques. Elles englobent également les violences émotionnelles, psychologiques et économiques. Une étude révèle que 43,2 % des femmes en union ont subi des violences domestiques, et que 56,4 % ont subi au moins une forme de violence au sein du couple. Des paroles humiliantes et dévalorisantes peuvent également constituer une forme de violence psychologique, affectant aussi bien les femmes que les hommes.

Bien que les femmes soient les premières victimes des formes les plus graves de violences conjugales, il est crucial de reconnaître que les hommes peuvent également être victimes de violences psychologiques, verbales ou économiques. Des études internationales suggèrent que 10 à 20 % des hommes déclarent avoir subi des violences conjugales dans certains pays. Toutefois, la sous-déclaration masculine reste un défi en raison des normes sociales et de la pression masculine.

Face à cette réalité, une approche multidimensionnelle est nécessaire. La prévention doit commencer dès l'école, avec une sensibilisation aux conséquences des violences domestiques et à la résolution non-violente des conflits. Des mécanismes de dénonciation accessibles et des campagnes de sensibilisation sont essentiels pour briser le silence et encourager les victimes à chercher de l'aide.

La lutte contre les violences domestiques passe également par une criminalisation claire des violences et un renforcement des sanctions. Des lois spécifiques, des ordonnances d'éloignement et des tribunaux spécialisés peuvent améliorer la protection des victimes. Cependant, la dissuasion pénale seule ne suffit pas. Il est impératif d'agir sur les causes profondes des violences, notamment l'éducation, l'autonomisation économique des femmes et l'évolution des normes sociales.

Plusieurs organisations, telles que UN Women et INTERSOS, mettent en œuvre des programmes de soutien aux victimes, allant de l'assistance psychosociale à l'autonomisation économique. Ces initiatives visent à briser le cycle de la violence et à offrir aux victimes les outils nécessaires pour reconstruire leur vie. En impliquant également les hommes dans la prévention des violences, il est possible de transformer les mentalités et de promouvoir des relations plus égalitaires et respectueuses. La tolérance zéro face à la violence doit être une priorité collective pour bâtir une société camerounaise plus juste et équilibrée.

Source : www.237online.com