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Université de Yaoundé II : un représentant étudiant banni pour fuites d'examens

L'Université de Yaoundé II exclut un représentant étudiant pour fuites d'examens. Une affaire de fraude qui soulève des questions sur l'intégrité académique et la gouvernance universitaire au Cameroun

Université de Yaoundé II : un représentant étudiant banni pour fuites d'examens
Actualités Cameroun

L'Université de Yaoundé II a pris une mesure radicale en interdisant à un représentant étudiant toute activité au sein de l'établissement, suite à une affaire de fuites d'examens. La décision, numérotée D284 et signée le 19 mars 2026 par le doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), frappe Monsieur ETOUNDI EFFA Georges d'une exclusion immédiate, lui interdisant l'accès aux salles de cours, aux travaux dirigés et aux examens.

La sanction a été prononcée sur proposition unanime du jury de fraude, une instance disciplinaire interne composée d'enseignants, d'administratifs et de représentants étudiants. Ce jury s'était réuni après les examens de rattrapage du premier semestre de l'année académique 2025-2026. ETOUNDI EFFA Georges a été auditionné avant le prononcé de la sanction, motivée officiellement par un manquement grave à l'éthique et à la déontologie universitaires.

Les accusations portées contre l'étudiant sont lourdes : diffusion non autorisée d'informations administratives confidentielles, diffusion non autorisée de sujets et corrigés d'examens, et échanges téléphoniques suspects avec des étudiants pendant les épreuves. Ces faits sont considérés comme une compromission de l'institution de contrôle elle-même. En effet, la présence d'étudiants au sein des jurys de fraude vise à garantir la transparence et à légitimer les décisions. La compromission d'un représentant étudiant crée donc une rupture de confiance au sein du système universitaire.

Cette affaire met en lumière les défis de la co-gestion disciplinaire dans les universités camerounaises. L'inclusion de représentants étudiants dans les organes de discipline, souvent mise en place pour apaiser les tensions, peut paradoxalement transformer ces acteurs en vecteurs de déstabilisation. L'accès privilégié aux informations sensibles, comme les sujets d'examens, devient alors un levier de contournement du contrôle académique. La sanction infligée à ETOUNDI EFFA Georges soulève des questions sur la sécurisation des processus d'évaluation et la nécessité de réformes structurelles pour garantir l'intégrité académique.

Au-delà de la sanction individuelle, cette affaire interpelle sur l'avenir du contrôle académique à l'Université de Yaoundé II et dans les autres institutions d'enseignement supérieur du Cameroun. Comment garantir que les représentants étudiants soient des maillons sécurisés d'un système de confiance, et non des complices ou des boucs émissaires ? La réponse pourrait passer par une gestion plus rigoureuse des flux d'information et une dématérialisation des processus d'évaluation avec un suivi numérique des consultations.

Source : www.camer.be