Face à la multiplication des révélations concernant le trafic illégal d'or au Cameroun, le président Paul Biya a ordonné la mise en place d'une commission d'enquête mixte. Cette décision fait suite aux conclusions du rapport 2023 de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et à divers scandales portés à l'attention du public.
La commission aura pour mission d'identifier les acteurs et réseaux impliqués dans l'exploitation et la commercialisation illégales de l'or, d'établir les responsabilités administratives, économiques et pénales potentielles, d'analyser les failles du système de contrôle du secteur minier et de formuler des recommandations pour contrer ce phénomène. La gendarmerie nationale a été chargée de prendre les dispositions nécessaires pour la mise en place de cette commission.
Le rapport de l'ITIE avait mis en évidence des problèmes de traçabilité et de commercialisation de l'or, notamment la faiblesse des mécanismes de contrôle, la sous-déclaration de la production et l'existence de circuits parallèles d'exportation. Ces révélations ont alimenté les inquiétudes quant à l'ampleur du trafic d'or, en particulier dans les régions minières.
La lutte contre le trafic illégal d'or est un enjeu majeur pour la gouvernance économique et la transparence du secteur extractif au Cameroun. Au-delà des pertes financières pour l'État, ce trafic alimente la contrebande, les réseaux criminels et l'exploitation illégale des ressources naturelles. La mise en place de cette commission d'enquête est perçue comme une volonté de faire la lumière sur cette affaire et de renforcer la crédibilité du secteur minier camerounais.
En 2023, les douanes camerounaises n'ont déclaré que 22,3 kg d'exportations d'or, alors que les Émirats arabes unis ont déclaré avoir importé 15,2 tonnes d'or du Cameroun.