La situation des migrants africains expulsés des États-Unis vers le Cameroun suscite de vives préoccupations, notamment en ce qui concerne l'accès à une défense juridique adéquate. L'avocat Joseph Fru Awah, représentant 12 de ces migrants, affirme être empêché de rencontrer ses clients depuis deux semaines, suite à son interpellation le 17 février. Selon lui, un groupe de 15 ressortissants africains est retenu dans une concession surveillée en périphérie de Yaoundé depuis leur arrivée en deux vagues, mi-janvier et mi-février.
Parmi ces migrants figurent des personnes originaires du Sénégal, de Sierra Leone, d'Éthiopie, d'Angola, du Congo, du Ghana, du Maroc et du Zimbabwe. Maître Awah dénonce le fait que ses clients sont maintenus dans l'incertitude quant à leur statut et sans possibilité d'organiser efficacement leur défense. Il rapporte qu'il lui a été demandé de passer par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avant de pouvoir rencontrer ses clients, une exigence qu'il considère comme irrégulière.
L'avocat insiste sur l'état psychologique fragile de ces migrants, les décrivant comme traumatisés par leur expulsion et frustrés par leur détention. Il rappelle que le Cameroun a, selon lui, l'obligation de les protéger en vertu du droit international, certains risquant des persécutions dans leur pays d'origine. Il dit collaborer avec l'OIM et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour engager des procédures de demande d'asile, en attente d'un accord des autorités camerounaises.
L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a également dénoncé ces expulsions, affirmant que le Cameroun n'est pas un pays sûr pour accueillir des migrants expulsés des États-Unis. HRW avait déjà documenté des cas de violations graves des droits humains à l'encontre de Camerounais renvoyés des États-Unis entre 2019 et 2021, incluant torture, viols et disparitions forcées. Des acteurs politiques camerounais exigent également des clarifications sur l'accord liant Yaoundé à Washington concernant ces expulsions. Pour l'instant, le gouvernement camerounais n'a pas officiellement réagi à ces préoccupations.
En février 2026, des sources concordantes ont rapporté que huit immigrés africains, originaires du Sénégal, de Sierra Leone et d'Éthiopie, étaient arrivés au Cameroun après avoir été expulsés des États-Unis. L'expulsion de migrants vers le Cameroun par les États-Unis se fait dans le cadre d'un accord secret.