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Tensions au Port de Douala : Le DG des Douanes face aux manœuvres du MINFI sur fond de contrat de scanners

Le Port de Douala est le théâtre d'une lutte entre le DG des Douanes et le MINFI concernant le contrat de scanning des marchandises. En jeu, des enjeux de pouvoir et la transparence de la gestion port

Tensions au Port de Douala : Le DG des Douanes face aux manœuvres du MINFI sur fond de contrat de scanners
Actualités Cameroun

Le Port Autonome de Douala (PAD) est au centre d'une lutte de pouvoir opposant le Directeur Général des Douanes et le Ministère des Finances (MINFI) concernant la gestion du contrat de scanning des marchandises. Cette situation met en lumière des tensions institutionnelles profondes au sein de l'administration camerounaise, avec des implications potentielles sur le commerce et l'économie du pays. Le désaccord porte sur la légalité d'un contrat de 2015 accordé à la société suisse SGS pour l'inspection et la certification des conteneurs, une source importante de revenus publics.

En 2025, le PAD, dirigé par Cyrus Ngo'o, a autorisé l'entrée d'un nouvel opérateur, Transatlantic D SA, remettant en question l'accord existant avec SGS. Le MINFI, sous la direction du Ministre Louis Paul Motaze, a immédiatement rejeté cette décision, insistant sur le fait que le contrat avec SGS restait en vigueur jusqu'en 2032 et que seul l'État pouvait y mettre fin. Cette opposition a conduit à un bras de fer ouvert entre les deux entités, créant une confusion et une incertitude préjudiciables aux usagers du port. La situation est d'autant plus complexe que des instructions contradictoires émanent de différentes branches de l'exécutif.

Un document confidentiel daté du 26 janvier, attribué au chef d'état-major du Président Paul Biya, suggérerait une préférence pour mettre fin au partenariat avec SGS. Cependant, le Premier Ministre Joseph Dion Ngute se serait aligné sur la position du Ministre des Finances lors d'une réunion le 29 janvier, plaidant pour le maintien du contrat avec la société suisse. Cette divergence de vues au sein même du gouvernement souligne la lutte d'influence entre différentes factions et soulève des questions quant à la transparence des procédures de décision.

La crise actuelle ne se limite pas à un simple désaccord technique sur un contrat. Elle révèle des enjeux de pouvoir plus larges et des rivalités institutionnelles au sommet de l'État. L'absence de communication claire de la présidence a exacerbé la situation, permettant à chaque camp de défendre ses intérêts, alimentant ainsi la confusion et l'instabilité. Cette lutte interne a des répercussions sur la gouvernance administrative et la capacité de l'État à garantir la stabilité juridique dans un secteur économique clé.

Depuis le 1er janvier 2026, Transatlantic D SA assure les opérations de scanning au port, remplaçant SGS. Toutefois, le Ministère des Finances continue d'exiger le respect du contrat avec SGS, créant un imbroglio administratif et financier. Les usagers du port se retrouvent ainsi confrontés à des injonctions contradictoires concernant les paiements et les procédures à suivre, ce qui perturbe les opérations commerciales et risque d'entraîner des coûts supplémentaires. Le Directeur Général du PAD a d'ailleurs rappelé aux usagers que seuls les paiements effectués à Transatlantic D SA sont valides pour les frais de scanning.

Les experts estiment que cette crise pourrait avoir des conséquences importantes sur la compétitivité du port de Douala, plaque tournante du commerce en Afrique centrale. L'insécurité juridique et la complexité des procédures risquent de dissuader les investisseurs et les partenaires commerciaux. De plus, cette affaire met en lumière les défis persistants en matière de transparence et de bonne gouvernance au Cameroun, des enjeux cruciaux pour assurer un développement économique durable. La situation actuelle pourrait également avoir des implications politiques, avec un possible remaniement ministériel à l'horizon.

En conclusion, la bataille autour du contrat de scanning au port de Douala illustre les luttes de pouvoir et les dysfonctionnements administratifs qui entravent le développement économique du Cameroun. Une résolution rapide et transparente de ce conflit est essentielle pour rétablir la confiance des acteurs économiques et garantir la compétitivité du port, un maillon essentiel du commerce régional. L'intervention de la présidence est attendue pour clarifier la situation et rétablir une cohérence dans les directives gouvernementales.