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Tayc refuse d'investir au Cameroun à cause de la crise anglophone : un signal d'alarme pour l'économie

Le chanteur Tayc exprime sa réticence à investir au Cameroun à cause de la crise anglophone, freinant l'investissement de la diaspora et soulignant les enjeux économiques du conflit.

Tayc refuse d'investir au Cameroun à cause de la crise anglophone : un signal d'alarme pour l'économie
Actualités Cameroun

Le chanteur Tayc a exprimé ses réticences à investir au Cameroun en raison de la crise anglophone, une situation qui touche de nombreux Camerounais de la diaspora. Dans une interview accordée au podcast Small Talk du média français Kombini, l'artiste a expliqué que l'insécurité persistante dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où sa mère est originaire de Bamenda, l'empêche de contribuer financièrement au développement du pays.

La crise anglophone, qui a débuté en 2016, oppose des groupes séparatistes aux forces gouvernementales camerounaises. Ce conflit a entraîné des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et une instabilité économique croissante dans les régions touchées. La mère de Tayc n'a pas pu retourner à Bamenda depuis dix ans en raison de la peur liée à cette violence.

Tayc a raconté avoir reçu un appel de son oncle l'encourageant à investir au Cameroun, mais il a répondu qu'il ne pouvait pas le faire tant que sa propre mère n'y serait pas la bienvenue. Il a nuancé ses propos en affirmant qu'il continuerait à donner des concerts et à soutenir des œuvres caritatives au Cameroun, mais que son engagement serait limité par cette blessure profonde.

La diaspora camerounaise représente un moteur économique essentiel pour le pays, notamment grâce aux transferts de fonds et aux investissements. En 2024, ces transferts ont atteint 652 milliards de FCFA, dont 35 % proviennent de France. Cependant, la crise anglophone freine cet élan, car de nombreux Camerounais de l'étranger hésitent à investir dans un contexte d'instabilité et d'insécurité.

La crise anglophone a de lourdes conséquences économiques, avec une baisse de la production de cacao et de café, une augmentation du chômage et la fermeture d'entreprises. Les blocus et l'insécurité entravent les échanges commerciaux et l'approvisionnement des usines. Le témoignage de Tayc met en lumière le coût économique de cette crise et souligne la nécessité de trouver une solution pour rétablir la confiance et encourager les investissements.

Plusieurs initiatives visent à canaliser les investissements de la diaspora vers le Cameroun, comme la plateforme Savana Diaspora Connect, qui ambitionne de mobiliser 150 milliards de FCFA sur cinq ans. Le gouvernement camerounais cherche également à inciter la diaspora à investir dans des secteurs clés tels que l'agro-industrie et les nouvelles technologies.

Tant que la crise anglophone ne sera pas résolue, une partie du territoire camerounais restera privée des capitaux et des compétences de sa diaspora. La déclaration de Tayc est un appel à la prise de conscience collective sur les enjeux économiques de cette crise pour l'avenir du Cameroun.

Source : www.camer.be