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Sylvia Bongo affirme qu'elle ne retournera jamais au Gabon après des allégations de torture

L'ex-première dame du Gabon, Sylvia Bongo, affirme qu'elle ne reviendra jamais au Gabon, dénonçant des actes de torture subis lors de son arrestation et celle de son fils après le coup d'État.

Sylvia Bongo affirme qu'elle ne retournera jamais au Gabon après des allégations de torture
Afrique & Monde

Sylvia Bongo, l'ancienne première dame du Gabon, a déclaré qu'elle ne retournerait plus jamais dans le pays, invoquant des actes de torture qu'elle et son fils auraient subis lors de leur arrestation après la chute du régime de son mari, Ali Bongo.

Dans une interview accordée à France 24 depuis son exil à Londres, Sylvia Bongo est revenue sur les circonstances de la chute du régime de son époux et leur détention. Elle a accusé les nouvelles autorités gabonaises de torture et a qualifié sa détention d'arbitraire.

Sylvia Bongo a affirmé avoir été torturée avec son fils pendant leur détention. « Ils m’ont attaché les pieds et les mains et m’ont jeté de l’eau froide. Ils m’ont amené mon fils qui était dans un état épouvantable. Ils le tapaient et moi, ils m’avaient attaché les mains. Ils m’ont mis un scotch pour ne pas que je crie. Ils l’ont tapé et étranglé avec un bâton. Puis, ils ont commencé à m’étrangler. Et là, ils m’ont dit : « Si tu ne veux pas qu’on te tape, si tu ne veux pas qu’on tape ton fils, signe ». Et là, j’ai signé tout ce qu’ils voulaient », a-t-elle déclaré. Ces allégations n'ont pas été vérifiées de manière indépendante.

Elle a également répondu aux accusations selon lesquelles elle dirigeait le pays après l’AVC de son mari survenu en 2018. « En 14 ans, j’ai dû aller trois fois au bureau de mon mari. Je vous le dis franchement, je ne comprends rien à la politique et surtout pas à la politique gabonaise. Je ne m’en suis jamais mêlée. Qu’ils m’amènent un décret, un document signé de ma main ou un document où j’ai imité la signature de mon mari », a-t-elle déclaré.

Sylvia Bongo et son fils, Noureddin Bongo Valentin, avaient déjà déposé une plainte en France en mai 2024, alléguant avoir subi des actes de torture répétés et violents de la part des proches alliés du général Oligui pendant leur détention. Ils affirment également que les nouvelles autorités ont fait pression sur les tribunaux pour les déclarer coupables. En novembre 2025, le procès de Sylvia Bongo pour corruption s'est ouvert en son absence, l'ancienne première dame étant en exil. Son fils a qualifié ce procès de « farce juridique ».

Le gouvernement gabonais a nié les allégations de torture, les qualifiant de « calomnieuses » et affirmant qu'elles nuisent à l'image du Gabon.

Le 30 août 2023, un coup d'État militaire a mis fin à 55 ans de règne de la famille Bongo au Gabon. Le général Brice Oligui Nguema, cousin d'Ali Bongo, a pris le pouvoir et a été investi comme président de la transition. Ali Bongo, au pouvoir depuis 2009 après avoir succédé à son père Omar Bongo, avait été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle peu avant le coup d'État, un résultat contesté par l'opposition et l'armée.

Sylvia Bongo a conclu en affirmant qu'elle ne retournerait plus jamais au Gabon. La situation politique au Gabon reste tendue, avec des questions persistantes sur la transition vers un régime civil et les accusations de torture portées par l'ancienne première dame et sa famille.

Source : actucameroun.info