Le secteur agricole camerounais oscille entre les pressions du marché mondial et la volonté de dynamiser la production locale. Plusieurs événements récents témoignent de cette dynamique complexe.
Yaoundé s'apprête à accueillir le Cocoa & Coffee Festival du 26 au 28 mars 2026. Cet événement, organisé par le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) en partenariat avec le ministère du Commerce, mettra en lumière le rôle des femmes dans les filières cacao et café. Né de la fusion des festivals Festicacao et Festicoffee en 2024, il ambitionne de promouvoir la consommation locale et de présenter les opportunités du secteur.
Dans un contexte de fluctuations des cours mondiaux, le Cameroun affiche des ambitions de croissance pour sa production de cacao. Le pays vise une production de 640 000 tonnes d'ici 2030, en privilégiant l'intensification des cultures plutôt que la déforestation. Le Fonds de développement du cacao et du café (FODECC) cartographie près de 400 000 parcelles pour garantir l'absence d'empiètement sur les zones forestières protégées. Cette démarche s'inscrit dans le cadre des efforts du Cameroun pour se conformer à la réglementation européenne sur la déforestation (RDUE). Le FODECC prévoit de distribuer 4 milliards de FCFA de subventions aux producteurs en 2026.
La saison caféière 2024-2025 a enregistré une hausse de la production de près de 10%, atteignant 11 637 tonnes. Les recettes d'exportation ont triplé, s'élevant à 3,5 milliards de FCFA, grâce à l'augmentation des volumes et des prix. Le Cameroun a également été primé à l'African Taste of Harvest 2026 pour son robusta. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a souligné que les prix aux producteurs ont augmenté, avec le kilogramme d'arabica passant de 2 375 à 2 854 FCFA et celui de robusta de 1 500 à 1 959 FCFA.
Malgré ces avancées, le secteur agricole camerounais reste confronté à des défis importants. La chute des cours mondiaux du cacao a entraîné une baisse de 14,5% des prix des produits agricoles exportés au quatrième trimestre 2025. La production de coton a chuté de 76% au deuxième trimestre, pénalisée par les inondations. Pour autant, le Cameroun continue d'explorer de nouveaux marchés pour son arabica, notamment à Taïwan, au Japon, au Soudan et en Turquie, signe d'une volonté de diversification et d'adaptation face aux aléas du marché.