Un secret d'État refait surface, liant l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing à une relation intime avec Catherine Bokassa, l'épouse de l'empereur centrafricain Jean-Bedel Bokassa. Cette liaison aurait abouti à la naissance d'un enfant, une information que Bokassa lui-même aurait divulguée après sa chute du pouvoir en 1979.
Selon des sources concordantes, cette relation entre Giscard et Catherine Bokassa était plus qu'une simple courtoisie protocolaire. Des visites discrètes à l'Élysée en Centrafrique étaient fréquentes, et l'empereur Bokassa aurait été tenu à l'écart de ces rencontres. Giscard profitait de ses séjours en Afrique, officiellement pour chasser l'éléphant, pour entretenir cette liaison secrète avec l'impératrice.
L'affaire prend une tournure plus sombre avec la mort de René Journiac, conseiller Afrique de Giscard, le 6 février 1980. Son avion s'écrase près de Ngaoundéré, au Cameroun, entraînant la mort de neuf personnes. Journiac était un personnage clé, connaissant les détails de la relation entre Giscard et Catherine Bokassa, agissant comme intermédiaire entre Paris et Bangui.
L'enquête officielle conclut à un accident, mais des zones d'ombre subsistent. Certains observateurs estiment que la disparition de Journiac, peu après la chute de Bokassa, est suspecte. René Journiac était un homme influent, successeur de Jacques Foccart et conseiller de Pompidou, impliqué dans les affaires africaines et les relations avec des figures comme Mobutu au Zaïre. D'autres sources suggèrent qu'il aurait été éliminé en raison de sa liaison avec Catherine Bokassa.
L'affaire des diamants de Bokassa, révélée en octobre 1979 par le Canard Enchaîné, avait déjà fragilisé la position de Giscard. L'hebdomadaire satirique affirmait que Giscard avait reçu des diamants de grande valeur de Bokassa lorsqu'il était ministre des Finances. Bokassa lui-même aurait déclaré avoir remis des diamants au couple présidentiel à plusieurs reprises.
Ces révélations ont nui à la campagne de Valéry Giscard d'Estaing lors de l'élection présidentielle de 1981, qu'il a perdue face à François Mitterrand. L'affaire Journiac, survenant dans ce contexte, alimente les spéculations sur les dessous de la Françafrique et les relations troubles entre la France et ses anciennes colonies.
L'enquête scientifique sur le crash de l'avion de René Journiac a exclu la thèse de l'attentat, privilégiant une erreur de pilotage. Cependant, des zones d'ombre persistent, alimentant les théories de complot autour de cette figure clé de la politique africaine de la France.