Dans un contexte de litiges fonciers croissants au Cameroun, le président Paul Biya a ordonné une enquête sur les attributions de terrains autour du complexe sportif d'Olembé. Cette infrastructure emblématique, construite pour accueillir des compétitions internationales, se retrouve au cœur d'une controverse liée à l'occupation illégale de parcelles.
Une correspondance officielle datée du 9 mars 2026, émanant du Secrétaire général de la Présidence de la République, a été adressée au Ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières. Ce document relaie les instructions présidentielles exigeant la remise en cause de toutes les décisions administratives ayant permis à des particuliers d'occuper des terrains relevant du complexe sportif. L'objectif principal est de préserver l'intégrité foncière de cette infrastructure stratégique et de mettre fin aux occupations jugées irrégulières.
Cette décision intervient alors que le Cameroun est confronté à une recrudescence des conflits fonciers, tant dans les zones rurales que dans les grandes villes. Ces litiges concernent souvent l'occupation, l'attribution ou la rétrocession des terres, alimentant des tensions sociales et des procédures judiciaires. Le complexe sportif d'Olembé, censé être un symbole de développement, n'échappe pas à cette réalité.
La construction du complexe sportif d'Olembé a déjà été émaillée de controverses, notamment des accusations de détournement de fonds et des batailles juridiques avec des entreprises de construction. Des communautés locales, comme la communauté Yanda, affirment avoir été expropriées de leurs terres ancestrales sans compensation adéquate. Le stade Paul Biya d'Olembé, inauguré en 2022, a été le théâtre d'une tragique bousculade ayant causé la mort de huit personnes.
La décision présidentielle de réexaminer les attributions de terrains autour du complexe sportif d'Olembé témoigne de la volonté des pouvoirs publics de renforcer la discipline dans la gestion du domaine public et de limiter les dérives qui alimentent les conflits fonciers au Cameroun. Reste à voir si cette mesure permettra de résoudre durablement les problèmes fonciers liés à cette infrastructure et d'apaiser les tensions avec les populations locales.