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Scandale au MINDCAF : Shanda Tonme interpelle Dion Ngute sur une circulaire controversée

Shanda Tonme dénonce une circulaire du MINDCAF qu'il juge "toxique et séditieuse", craignant qu'elle ne porte atteinte à la paix et à la sécurité des investissements au Cameroun. Il appelle le Premier

Scandale au MINDCAF : Shanda Tonme interpelle Dion Ngute sur une circulaire controversée
Actualités Cameroun

Le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (MINDCAF) se retrouve au centre d'une polémique. Shanda Tonme, médiateur universel et président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), a adressé une correspondance au Premier ministre Joseph Dion Ngute, le 25 février 2026, pour dénoncer une circulaire qu'il juge «toxique et séditieuse».

La circulaire incriminée, portant le numéro 0001/MINDCAF/LC et datée du 20 février 2026, détaille les modalités de délivrance d'une Attestation de reconnaissance des droits fonciers coutumiers (ARDFC) et d'une attestation de jouissance paisible des terres (AJPTER). Shanda Tonme estime que cette circulaire outrepasse les compétences du MINDCAF et empiète sur les prérogatives d'autres institutions étatiques, notamment le ministère de l'Administration territoriale (MINAT).

Dans sa lettre, Shanda Tonme exprime sa vive préoccupation face à cette décision qu'il qualifie de «grave, terrible, confuse, troublante, criminogène et ultimement toxique et séditieuse». Il craint que cette circulaire ne porte atteinte à la paix au Cameroun, à la crédibilité internationale du pays et à la sécurité des investissements. Il souligne que le MINDCAF ne saurait se substituer au pouvoir législatif ou judiciaire, ni décréter, légiférer ou juger en dernier ressort.

Shanda Tonme appelle le Premier ministre à prendre ses responsabilités et à instruire le MINDCAF de rapporter purement et simplement cette circulaire. Il estime que ne pas le faire reviendrait à «avaliser une autre forme de sédition inacceptable». Il établit un parallèle avec la résolution récente d'une situation confuse au Port autonome de Douala, saluant l'autorité dont avait alors fait preuve le chef du gouvernement.

La circulaire du MINDCAF fait déjà l'objet de critiques. Certains observateurs estiment qu'elle pourrait ouvrir la voie à des abus et exclure les populations autochtones qui ne disposent pas de chefs traditionnels reconnus. D'autres soulignent que la procédure n'est pas conforme au cadre légal en vigueur. Cependant, le MINDCAF justifie ces nouvelles mesures par une volonté de renforcer la sécurisation des terres coutumières et de prévenir les conflits fonciers. Dès le 1er avril 2026, les chefs traditionnels de 3e degré seront habilités à délivrer des titres fonciers provisoires sur certaines dépendances du domaine national. Ces attestations visent à promouvoir les droits fonciers des collectivités coutumières et à améliorer la protection des droits d'occupation et d'exploitation des utilisateurs des terres.

Le MINDCAF et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont récemment renforcé leur coopération en matière de modernisation de la gestion foncière. Le ministère travaille également avec la GIZ sur la clarification des procédures et le renforcement des capacités des acteurs locaux. Reste à voir si ces efforts suffiront à apaiser les inquiétudes suscitées par la nouvelle circulaire et à garantir une gestion foncière équitable et transparente au Cameroun.

Source : www.camer.be