Un rapport du ministère des Finances camerounais révèle une fraude massive de 1 745 milliards de FCFA (environ 2,8 milliards USD) impliquant la société SGS Cameroun S.A.. Cette multinationale, chargée du scanning au Port Autonome de Douala, est accusée d'avoir orchestré une fraude douanière organisée entre 2021 et 2023, avec la complicité présumée de ses employés et de plusieurs opérateurs économiques.
Les investigations de la Direction Générale des Douanes (DGD) mettent en lumière un système sophistiqué où 1 537 déclarations d'importation ont été validées frauduleusement comme « non soumises » aux inspections. Des marchandises auraient ainsi transité par le port de Douala sans acquitter les droits et taxes dus à l'État. Les enquêteurs soupçonnent des employés de SGS d'avoir participé activement à ces falsifications, en collusion avec des importateurs.
Ce mécanisme frauduleux a causé un manque à gagner colossal pour le Trésor public camerounais, soit 1 745 milliards de FCFA. Cette somme aurait pu être allouée au financement de projets de développement dans les secteurs de la santé, de l'éducation et des infrastructures. Au lieu de cela, les fonds auraient été transférés frauduleusement vers des entités fictives à l'étranger. La DGD a transmis la liste des opérateurs impliqués à l'Agence Nationale d'Investigation Financière (ANIF), chargée de retracer les circuits de blanchiment et de corruption liés à cette affaire. L'ANIF a répertorié près de 1700 milliards de FCFA de flux financiers suspects en 2023, ce qui représente une augmentation de 180%.
Le rapport du ministère des Finances est sans équivoque : les manquements ont été formellement imputés aux employés de SGS. Il est recommandé de dessaisir SGS de ses opérations de scanning au Port Autonome de Douala au profit d'une structure plus fiable et transparente. Le rapport préconise également que SGS assume sa responsabilité en payant une amende de principe de 2 milliards de FCFA, sans préjudice des poursuites judiciaires en cours. Le chef de département du MINFI a également appelé à poursuivre les investigations afin d'identifier tous les bénéficiaires impliqués dans cette fraude et de vérifier le rôle des membres du Comité de suivi du contrat entre l'État et SGS.
Face à l'ampleur du scandale, des voix s'élèvent pour exiger une commission d'enquête indépendante afin de faire la lumière sur les responsabilités de SGS et les éventuelles complicités internes au sein de l'administration douanière. Le journal L'Info de Georges Messouane a consacré plusieurs colonnes à cette affaire, soulignant que le peuple camerounais attend des réponses et des sanctions. Cette fraude fragilise la confiance des citoyens envers l'État, ralentit les projets économiques et alimente la corruption. L'ANIF, la DGD, le ministère des Finances et les juridictions compétentes sont désormais en charge de ce dossier sensible. Les conclusions de la justice camerounaise sont attendues avec impatience.
En janvier 2026, le Premier ministre Joseph Dion Ngute avait ordonné le maintien du contrat liant l'État du Cameroun à la Société générale de surveillance (SGS) pour les opérations de scanning des marchandises au port de Douala-Bonaberi.