Au Cameroun, les salaires et avantages des députés de l'Assemblée nationale suscitent une vive indignation. Des révélations font état de primes et d'avantages considérables, contrastant fortement avec les difficultés économiques rencontrées par une grande partie de la population.
Un député ordinaire reçoit une somme de 10 millions de FCFA pour l'achat d'un véhicule, ainsi qu'une prime mensuelle de 3,3 millions de FCFA. Les membres du bureau de l'Assemblée nationale bénéficient d'avantages encore plus importants. Le Président de l'Assemblée nationale (PAN) perçoit jusqu'à 250 millions de FCFA par an pour l'entretien de sa résidence. Les questeurs reçoivent quant à eux 190 millions de FCFA.
Lors de l'adoption du budget en décembre, le PAN reçoit 50 millions de FCFA supplémentaires, le premier vice-président 30 millions et les questeurs 20 millions chacun. De plus, chaque mois, 40 millions de FCFA provenant du budget de fonctionnement de la commission des finances sont partagés entre le PAN et cinq de ses membres, à l'insu des quinze autres.
En matière de véhicules, le PAN bénéficie d'un crédit de 70 millions de FCFA, tandis que les questeurs reçoivent 50 millions de FCFA. Tous les membres du bureau reçoivent également une Toyota Prado neuve au début de chaque législature, ainsi que des indemnités de congés pouvant atteindre 40 millions de FCFA pour le Président.
Ces avantages financiers considérables soulèvent des questions quant à la motivation des députés, notamment en ce qui concerne la prolongation de leur mandat. Un observateur politique à Yaoundé a déclaré avec amertume : « Vous comprenez pourquoi ces gens ne peuvent que se réjouir de la prorogation de leur mandat ». Ces révélations interviennent dans un contexte où de nombreux Camerounais peinent à joindre les deux bouts, exacerbant le sentiment d'injustice et d'inégalité.
Ces informations mettent en lumière les disparités économiques et les privilèges dont bénéficient certains responsables politiques, alimentant ainsi le débat sur la transparence et la responsabilité au sein du gouvernement camerounais. La question de la révision des salaires et avantages des députés est de plus en plus évoquée, afin de réduire le train de vie de l'État et de mieux répondre aux besoins de la population.