Au Cameroun, un système d'avantages post-mandat exceptionnellement généreux accordé aux anciens présidents du Sénat fait l'objet d'une vive controverse. Des documents divulgués révèlent que l'ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, bénéficierait d'un train de vie entièrement financé par l'État, incluant une allocation mensuelle de 6 millions de FCFA pour l'entretien de sa résidence. Ce régime de faveur, qui s'étend même à son épouse après son décès, soulève des questions quant à la soutenabilité des charges publiques et à l'équité sociale dans le pays.
Le « package retraite » comprend une indemnité mensuelle de résidence de 6 millions de FCFA, sept véhicules officiels mis à disposition permanente, ainsi qu'une unité de sécurité spéciale. L'État prend également en charge les salaires du personnel administratif, des chauffeurs et des employés domestiques, ainsi que les frais de carburant et la logistique. De plus, l'ancien président et sa famille bénéficient d'une couverture médicale complète.
L'absence de cadre législatif précis pour les avantages post-mandat est au cœur du problème. Les privilèges accordés aux anciens dirigeants échappent à tout contrôle budgétaire public, car aucun texte ne définit clairement la durée, le périmètre ou le plafonnement de ces allocations. Cette situation découle d'une culture politique où la fonction publique est perçue comme un patrimoine personnel, et les régimes de retraite des hauts responsables ne font l'objet d'aucun débat parlementaire. Le mécanisme repose sur des arrêtés individuels fixant les avantages de chaque ancien président du Sénat, souvent non publiés au Journal Officiel, échappant ainsi à la transparence budgétaire.
L'extension de ces droits aux ayants droit, notamment le versement d'une allocation mensuelle de 2,5 millions FCFA à vie à l'épouse, avec maintien des véhicules et chauffeurs, transforme cette allocation post-fonction en rente héréditaire. Cette générosité contraste fortement avec les efforts d'austérité demandés aux citoyens ordinaires, dont le salaire minimum est fixé à 36 270 FCFA. À long terme, l'accumulation de ces charges pourrait peser lourdement sur le budget national, chaque ancien président du Sénat représentant un coût structurel annuel estimé à plusieurs centaines de millions de francs.
La révélation de ces avantages pourrait alimenter un débat public sur la soutenabilité des dépenses de l'État et la nécessité d'une réforme pour garantir la transparence et l'équité dans l'attribution des avantages post-mandat. La question n'est plus de savoir si une réforme est nécessaire, mais quand elle deviendra politiquement incontournable.