Un séisme secoue le football africain. Alors que le Sénégal célébrait encore sa victoire à la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2026, la Confédération Africaine de Football (CAF) a annoncé une décision stupéfiante : le titre est retiré au Sénégal et attribué au Maroc.
Cette décision, officialisée mi-mars, intervient un mois après que Patrice Motsepe, président de la CAF, ait félicité publiquement le Sénégal pour son sacre. La CAF justifie son revirement par des manquements administratifs imputés au Sénégal lors des phases de groupe, notamment des problèmes de qualification de joueurs. Des irrégularités qui n'avaient pourtant pas été soulevées durant la compétition elle-même.
La pilule est amère pour les Sénégalais. L'instance dirigeante du football africain a invoqué l'article 84 de son règlement, relatif aux sanctions en cas d'abandon ou de perturbation d'un match, pour justifier sa décision. Selon la CAF, la brève interruption de jeu par les joueurs sénégalais lors de la finale, pour contester une décision arbitrale, constitue une violation justifiant la perte du match par forfait, avec un score de 3-0 en faveur du Maroc.
La décision a suscité une vague d'indignation à travers le continent. Des figures emblématiques du football africain, à l'instar de l'ancienne star nigériane Asisat Oshoala, ont exprimé leur colère et leur incompréhension face à ce qu'ils considèrent comme une injustice flagrante. Samir Nasri, ancien milieu de terrain d'Arsenal, a qualifié la situation d'absurde, ironisant sur le fait que la CAF pourrait tout aussi bien annoncer le vainqueur en 2035.
La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a dénoncé une décision « injuste, sans précédent et inacceptable, qui discrédite le football africain ». Elle a annoncé son intention de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne pour contester cette décision.
Au-delà de la polémique, cette affaire met en lumière les problèmes structurels qui minent le football africain. L'application sélective des règlements et les décisions prises en coulisses alimentent la méfiance et sapent la crédibilité des compétitions. Claude Le Roy, figure respectée du football africain, a dénoncé des « magouilles » et pointé du doigt l'influence supposée du Maroc au sein de la CAF.
Cette affaire crée un précédent dangereux, ouvrant la voie à de potentielles contestations et réclamations pour chaque édition future de la CAN. La stabilité juridique et la crédibilité de la compétition sont compromises. Le football africain se retrouve à la croisée des chemins, tiraillé entre la nécessité de faire respecter les règles et l'impératif de préserver l'équité sportive.
En attendant l'issue de l'appel devant le TAS, le Maroc détient un titre qu'il n'a pas conquis sur le terrain, tandis que le Sénégal se sent injustement dépossédé de sa victoire. La CAN 2026 restera comme l'édition où le football a perdu face à la bureaucratie.