Dans une récente tribune, Saint-Eloi Bidoung, ancien militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), a vivement critiqué la longévité du président Paul Biya au pouvoir et ses conséquences sur la société camerounaise. Il souligne que la candidature de Biya à l'élection présidentielle d'octobre 2025 témoigne de sa volonté de rester président à vie, après déjà 43 ans à la tête de l'État.
Bidoung dénonce les problèmes persistants au Cameroun, malgré les efforts du gouvernement : manque d'infrastructures routières adéquates, pénuries d'eau et d'électricité, chômage élevé, accès limité au logement et manque de médicaments essentiels dans les hôpitaux. Il ironise sur le message implicite du président Biya, qu'il interprète comme une détermination à rester au pouvoir jusqu'à la mort.
L'ancien militant du RDPC compare la situation du Cameroun avec celle d'autres pays. Il note que les États-Unis ont connu huit présidents différents durant la même période, et la France, souvent citée comme modèle démocratique par le Cameroun, en a eu cinq. Il déplore qu'au Cameroun, les personnes nées en 1982 se retrouvent au chômage depuis vingt ans, malgré leurs diplômes universitaires. Ceux qui ont trouvé un emploi approcheront de la retraite sans avoir connu d'autre président que Paul Biya.
Bidoung critique également l'attitude des laudateurs du régime, qui présentent Paul Biya comme le seul choix possible, indispensable à la survie du Cameroun. Il rappelle une déclaration d'un professeur de droit comparant la politique de « Renouveau national » de Biya à la Perestroïka de Gorbatchev en URSS, soulignant que la Russie a depuis connu plusieurs élections présidentielles libres. Même la Chine, malgré ses propres défis en matière de libertés politiques, a connu six changements de dirigeants en 43 ans.
Face à cette situation, Saint-Eloi Bidoung suggère, de manière satirique, de faire venir le Pape au Cameroun pour donner des leçons d'alternance politique au « sacré collège de Cardinaux au Vatican ». La critique de Bidoung met en lumière les enjeux de la longévité au pouvoir et ses conséquences sur le développement et l'avenir du Cameroun. Les défis soulevés, tels que le chômage des jeunes et le manque d'alternance politique, restent des préoccupations majeures pour la population camerounaise. La question de la succession de Paul Biya, compte tenu de son âge avancé, demeure un sujet central dans le débat politique camerounais.