Le mandat des députés camerounais a été prolongé jusqu'au 20 décembre 2026, une décision qui suscite de vives réactions. Cabral Libii, député et président du PCRN, a soulevé des interrogations quant à l'absence d'un vote formel lors de l'adoption de la loi prolongeant le mandat des députés à l'Assemblée Nationale.
Selon Libii, lors des débats à l'Assemblée Nationale, quatre positions principales se sont dégagées : ceux qui considéraient la prorogation comme une simple formalité compte tenu des précédents électoraux, ceux qui y étaient favorables, ceux qui s'y opposaient par respect de la loi, et ceux qui contestaient les justifications avancées. Il remet en question l'absence de vote effectif sur la loi.
Libii demande si des images ou des archives montrent des votes pour et contre la prorogation, et si le résultat global du vote est connu. Il souligne que le règlement intérieur prévoit un vote, et s'interroge sur les raisons de son absence. Il suggère que l'insistance de certains députés sur la question relève de postures politiques, idéologiques ou politiciennes.
Le gouvernement justifie cette prolongation par des contraintes budgétaires, l'incapacité logistique d'Elecam (l'organisme en charge des élections) et la nécessité de réparer les séquelles de la crise post-électorale de 2025. Le ministre délégué à la Présidence chargé des Relations avec les institutions, François Wakata Bolvine, a déclaré que cette prorogation permettrait de poursuivre sereinement la recherche de ressources pour financer les opérations électorales.
Cependant, l'opposition dénonce une violation de la constitution. Patricia Tomaïno Ndam Njoya, présidente de l'UDC, critique le manque de légitimité des institutions où les représentants ne sont plus ceux que les Camerounais auraient choisis. Dieudonné Tedjisse, analyste, estime que cette prorogation témoigne de l'incapacité du gouvernement à répondre aux préoccupations du peuple.
Cette prolongation du mandat des députés est la deuxième consécutive, après celle de 2025. L'article 15 de la Constitution est au cœur du débat, l'opposition accusant l'exécutif de détourner son esprit. Le Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC) déplore une violation de l'alinéa 1 de cet article, qui fixe la durée du mandat des députés.
En attendant, Cabral Libii appelle à la rigueur intellectuelle, soulignant qu'il est inexact d'affirmer que tel député a voté pour ou contre, puisqu'il n'y a pas eu de vote.
L'adoption de cette loi sans vote formel continue d'alimenter le débat public et soulève des questions sur le fonctionnement du processus parlementaire au Cameroun. La date des prochaines élections législatives n'a pas encore été annoncée.