La prolongation du mandat des députés à l'Assemblée nationale camerounaise continue de susciter de vives réactions. Louis Marie Kakdeu, figure du Social Democratic Front (SDF), a exprimé de sérieuses préoccupations quant à cette décision, la qualifiant de manœuvre électorale déloyale.
Lors d'un débat télévisé sur Vision 4, Kakdeu a critiqué l'adoption de ce projet de loi, initialement proposé par le chef de l'État. Selon lui, cette prorogation, qui intervient pour la troisième fois consécutive, vise à décourager l'opposition et à maintenir l'hégémonie du parti au pouvoir.
« Il y a des gens qui étaient déjà prêts à aller aux élections entre mars et mai 2026. Jusque-là, c’est très flou », a-t-il déclaré sur Info TV, soulignant l'incertitude créée par le report de la date des élections. Il a insisté sur le fait que l'absence de calendrier électoral clair démobilise les électeurs et désorganise les partis d'opposition. « Les gens étaient donc prêts pour le mois de mai, et maintenant, ils vont se démobiliser. Ils ne savent plus s’il faut se remobiliser ni quand il faudra le faire. Personne ne le sait. Même au RDPC, on ne sait pas ».
Kakdeu craint que cette situation ne se prolonge indéfiniment. « On a ainsi repoussé jusqu’au 20 décembre. Rien n’empêche que, lors de la session de novembre, on repousse encore plus loin. Et quand on dit que le mandat se termine le 20 décembre, aucune date n’est fixée pour les élections », a-t-il précisé. Cette incertitude, selon lui, est une stratégie délibérée pour fatiguer l'opposition et manipuler le processus électoral.
Pour le militant du SDF, cette prorogation est un « mécanisme de fraude électorale ». Il accuse le parti au pouvoir de contrôler le calendrier électoral dans le but de manipuler les résultats avant même le jour du vote. « Un seul camp détient le calendrier, et ce camp fait en sorte de manipuler les résultats, même avant l’élection. Prendre les gens à l’usure, c’est la stratégie en cours », a-t-il conclu.