Au terme des audiences des 9 et 10 mars 2026 devant le Tribunal militaire de Yaoundé, les avocats de Léopold Maxime Eko Eko affirment que les témoignages et expertises contredisent la thèse initiale de l’accusation dans l'affaire Martinez Zogo. Selon le collectif de défense, les dépositions de plusieurs responsables de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) ont confirmé l’existence d’une « cellule occulte » opérant en dehors de toute chaîne de commandement officielle.
La défense d'Eko Eko estime que ces témoignages fragilisent l’accusation, qui présentait jusque-là l'ancien directeur général de la DGRE comme le principal instigateur de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Les expertises téléphoniques produites au procès évoqueraient par ailleurs des instructions visant à effacer certaines traces de transactions. La défense affirme que ces ordres auraient été donnés par le lieutenant-colonel Justin Danwe à différents acteurs, dont Dina Bell et Ngambi, sollicités en amont du projet criminel.
Le collectif réfute également les déclarations de l’homme d’affaires Jean‑Pierre Amougou Belinga, qui évoquait une prétendue relation familiale entre Eko Eko et Martin Stéphane Savom, ancien maire de Bibey. Les avocats parlent d’une « parenté imaginaire », assurant qu’aucun lien familial, professionnel ou amical n’existe entre les deux hommes.
La défense dénonce en outre une « coalition d’intérêts contre-nature » entre certaines parties au procès et s’inquiète de l’introduction récente de documents qu’elle juge non authentifiés et potentiellement manipulés. Selon elle, ces pièces viseraient à ouvrir une nouvelle procédure pour atteinte à la sûreté de l’État.
Léopold Maxime Eko Eko, en détention depuis l’ouverture de l’affaire, se dit confiant dans la justice camerounaise pour établir les responsabilités et dissocier l’institution de la DGRE des initiatives individuelles. Eko Eko a été limogé de son poste de directeur général de la DGRE en raison de son implication présumée dans l'assassinat de Martinez Zogo. Le procès se poursuit devant le Tribunal militaire de Yaoundé.