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Polémique au Cameroun : le rôle de Chantal Biya lors de la célébration du 8 mars suscite des interrogations

La présence de Chantal Biya à la célébration du 8 mars suscite une polémique. Un analyste conteste son rôle, soulignant l'absence de statut officiel pour la Première dame.

Polémique au Cameroun : le rôle de Chantal Biya lors de la célébration du 8 mars suscite des interrogations
Actualités Cameroun

La célébration de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2026, au Cameroun, a été marquée par une polémique concernant le rôle de la Première dame, Chantal Biya. L'analyste politique Koupit Adamou a soulevé des questions quant à la légitimité de sa présence à la tête de la cérémonie officielle, arguant qu'elle ne détient aucun statut officiel lui permettant de présider un événement républicain.

Koupit Adamou a exprimé ses préoccupations lors de l'émission "Canal Presse" sur Canal 2 International, soulignant qu'il n'existe aucune base constitutionnelle ou légale pour justifier la fonction de Chantal Biya dans l'organisation des activités publiques de l'État. Selon lui, son rôle se limite à celui d'épouse du chef de l'État. "Madame Chantal Biya est l'épouse du président de la République, point barre", a-t-il déclaré.

La participation de Chantal Biya au défilé du 8 mars, comme elle le fait traditionnellement, a ravivé le débat sur le rôle institutionnel de la Première dame au Cameroun. Bien que sa présence soit devenue une coutume au fil des ans, certains observateurs estiment que l'absence de statut officiel pour la fonction de Première dame pose un problème institutionnel.

Chantal Biya est l'épouse du président Paul Biya depuis le 23 avril 1994. Elle est connue pour ses engagements humanitaires à travers la Fondation Chantal Biya, créée en 1994, qui œuvre dans la lutte contre la pauvreté, la maladie et l'exclusion. Elle est également à l'origine de Synergies Africaines contre le SIDA et les Souffrances, une organisation non gouvernementale impliquée dans la lutte contre le VIH/SIDA et l'amélioration des conditions de vie des femmes rurales en Afrique.

Malgré ses nombreuses activités et son influence, Chantal Biya n'occupe aucune fonction officielle au sein du gouvernement camerounais. Son rôle est perçu par certains comme celui d'une conseillère officieuse du président, capable d'influencer les décisions politiques.

La polémique soulevée par Koupit Adamou met en lumière la question de la place et du rôle des Premières dames dans les systèmes politiques africains. Si certaines voient en elles des figures importantes de représentation et d'action sociale, d'autres s'interrogent sur la légitimité de leur influence en l'absence de mandat électif ou de statut clairement défini. Le débat reste ouvert au Cameroun, où la tradition et les réalités politiques se confrontent aux exigences de transparence et de bonne gouvernance.

En attendant, Chantal Biya continue d'exercer ses activités caritatives et de représenter le Cameroun lors de certains événements internationaux. Elle a été désignée Ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO pour l'éducation et l'inclusion sociale, en reconnaissance de son engagement en faveur de la lutte contre l'exclusion sociale.

Source : actucameroun.info