Le président camerounais, Paul Biya, a promulgué ce 14 avril 2026 la loi officialisant la fonction de vice-président de la République. Cette décision fait suite à l'adoption du texte par le Congrès le 4 avril, introduisant ainsi un nouvel acteur au sein de l'architecture institutionnelle du pays.
La réforme constitutionnelle permet désormais au chef de l'État de nommer un vice-président, qui sera chargé de le suppléer dans ses fonctions et d'assurer la continuité du pouvoir en cas de besoin. Cette mesure survient dans un contexte de débats récurrents concernant la gouvernance et la succession à la tête de l'État.
La création de ce poste de vice-président, aboli en 1972, marque une évolution significative du paysage politique camerounais. Le vice-président sera nommé et démis de ses fonctions par le président, et son mandat ne pourra excéder celui du président. En cas de décès, de démission ou d'incapacité du président, le vice-président assurera la continuité du pouvoir, mais ne pourra ni modifier la Constitution, ni se présenter à la prochaine élection présidentielle.
Si les partisans du projet mettent en avant une garantie de stabilité et une clarification de la ligne de succession, les détracteurs dénoncent une concentration accrue du pouvoir entre les mains du président. L'opposition craint que cette réforme ne renforce le contrôle de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, sans pour autant apporter de réelles avancées démocratiques.
L'attention se porte désormais sur le choix du futur vice-président, un enjeu qui pourrait raviver les tensions au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir. Parmi les noms évoqués, figurent Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, Joseph Dion Ngute, le Premier ministre, ou encore Samuel Mvondo Ayolo, une figure influente du RDPC originaire de la région natale de Paul Biya.