Kaptmedia

Mort d'Anicet Ekane en détention : la version officielle contestée et les réactions politiques

La mort en détention d'Anicet Ekane, figure de l'opposition, suscite la controverse. Le gouvernement évoque des causes naturelles, mais la famille dénonce un déni de soins et une confiscation de son a

Mort d'Anicet Ekane en détention : la version officielle contestée et les réactions politiques
Actualités Cameroun

La mort en détention d'Anicet Ekane, figure emblématique de l'opposition camerounaise, continue de susciter controverse et indignation. Décédé le 1er décembre 2025 dans un centre de détention militaire à Yaoundé, sa mort a été officiellement attribuée à des causes naturelles par le ministère de la Défense, une version qui peine à convaincre.

Selon le communiqué du ministère, l'autopsie réalisée par un collège d'experts médicaux n'a révélé « aucune trace de traumatisme » et a mis en avant de « graves problèmes de santé sous-jacents ». Anicet Ekane, âgé de 74 ans, était le président du Mouvement africain pour une nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM) et une figure clé de la coalition Union pour le changement. Son arrestation, fin octobre à Douala, avait eu lieu dans un contexte de répression des voix dissidentes après l'élection présidentielle contestée de 2025.

La version officielle a rapidement été contestée par la famille et les partisans d'Ekane, qui avaient dénoncé la confiscation de son appareil respiratoire lors de son arrestation, une allégation démentie par les autorités. Le retard de près de trois mois dans la publication des résultats de l'autopsie a également alimenté la méfiance et les accusations de dissimulation. Des voix se sont élevées pour dénoncer un déni de soins médicaux et une « honte nationale criminelle ».

Au-delà de la polémique, la mort d'Anicet Ekane a mis en lumière les divisions au sein du gouvernement. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a publiquement exprimé ses regrets et a laissé entendre que l'arrestation d'Ekane n'avait peut-être pas été pleinement débattue au sein des instances compétentes. « Certaines décisions sont prises par des personnes qui pensent agir dans l’intérêt du pays. Parfois, elles ne consultent pas ceux qui pourraient avoir un avis différent », a-t-il déclaré. Une enquête officielle est en cours, mais pour beaucoup, la mort d'Ekane symbolise la lutte pour la transparence et la responsabilité politique au Cameroun.

La dépouille d'Anicet Ekane a finalement été remise à sa famille le 23 février 2026, après 85 jours sous scellés judiciaires.

Source : actucameroun.info