Le professeur Maurice Kamto, figure politique camerounaise et président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a exprimé de vives inquiétudes quant à l'affaiblissement du droit à l'échelle internationale et nationale. Dans une publication datée du 30 mars 2026, il met en garde contre une tendance où la puissance et les rapports de force tendent à supplanter le respect des règles et des cadres juridiques.
Kamto souligne que cette dérive se manifeste par une primauté croissante des rapports de force, où les faits et les règles communes sont ignorés au profit d'une logique de puissance. Il note également un retour des logiques sécuritaires et militaires, avec une consolidation de certaines formes d'autoritarisme derrière le bouclier des forces armées nationales.
« Le droit traverse une période critique », écrit Maurice Kamto sur les réseaux sociaux. « Faut-il continuer à en produire, à l’enseigner ? Ce n’est pas seulement le droit international qui va mal, c’est aussi le droit interne dans divers pays. Les puissants et les régnants lui infligent la plus grave défaite depuis des siècles. Les violations sont délibérées, brutales. On s’affranchit des faits et des règles communes et n’écoute que sa puissance… »
Face à ce constat, l'ancien ministre délégué à la Justice appelle à une réaction urgente pour rétablir le droit au cœur de l'organisation des sociétés. Il insiste sur la nécessité de replacer le droit à sa place, afin de préserver la cohésion entre les nations et de garantir un fonctionnement équilibré au sein des États.
Maurice Kamto, agrégé de droit public, a été Ministre délégué à la justice du Cameroun et membre de la commission de droit international des Nations unies. Il a également été candidat à l'élection présidentielle de 2018 au Cameroun. Son analyse met en lumière les défis auxquels sont confrontés les systèmes juridiques dans un monde en constante évolution.