Le débat sur la succession de Paul Biya continue de susciter des discussions passionnées au sein de la scène politique camerounaise. Invité de l'émission "Tour d'Horizon" sur Vision 4, Martial Owona a partagé son analyse concernant le rôle du vice-président dans le système politique camerounais. Selon lui, cette fonction est davantage liée à un enjeu de gouvernance qu'à une préparation de la succession présidentielle, une interprétation qui relance le débat.
Martial Owona a exprimé l'idée que les interprétations courantes reposent sur une incompréhension des intentions du chef de l'État. Il a déclaré que, contrairement à ce que beaucoup de Camerounais pensent, le vice-président n'est pas là pour résoudre la question de la succession de Paul Biya, mais plutôt pour répondre à un problème de gouvernance. Cette perspective replace ainsi le débat sur les enjeux institutionnels.
Owona insiste sur la spécificité du système politique camerounais. Pour lui, ceux qui évoquent la succession ne connaissent pas suffisamment Paul Biya. Il a ajouté que ce poste vient résoudre la problématique des hautes instructions au Cameroun, soulignant que la fonction de vice-président viserait avant tout à améliorer le fonctionnement de l'appareil d'État plutôt qu'à préparer une transition politique.
La question de la vice-présidence au Cameroun est un sujet de débat récurrent. En avril 2026, le parlement camerounais a approuvé un amendement constitutionnel rétablissant le poste de vice-président, une initiative perçue par beaucoup comme une réponse aux incertitudes croissantes concernant la succession présidentielle. L'opposition a cependant exprimé des préoccupations quant à une centralisation accrue du pouvoir exécutif.
Certains analystes estiment que la réintroduction de ce poste, aboli en 1972, vise à assurer une transition en douceur en cas de décès, de démission ou d'incapacité du président. Selon les nouvelles dispositions, le vice-président serait nommé et révoqué par le président, et exercerait les fonctions présidentielles pour le reste du mandat de sept ans en cas de succession. Toutefois, il ne pourrait pas initier de réformes constitutionnelles ni se présenter aux élections suivantes.
Des voix critiques, comme celle de Joshua Osih, président du Social Democratic Front, estiment que cet amendement risque d'accentuer la domination de l'exécutif au lieu de renforcer les garanties démocratiques. D'autres soulignent que la nomination du vice-président par le président concentre le pouvoir entre les mains d'une seule personne, au lieu de passer par un processus électoral.
La clarification apportée par Martial Owona replace ainsi le débat sur l'importance de la gouvernance et du fonctionnement de l'État, au-delà des considérations liées à la succession présidentielle. L'avenir dira si cette interprétation s'avérera exacte, ou si le poste de vice-président deviendra un enjeu de pouvoir dans la perspective de l'après-Biya. La nomination du fils du président, Franck Emmanuel Biya, au poste de vice-président a d'ailleurs alimenté les spéculations sur une succession dynastique.