Le Cameroun a commencé l'année 2026 avec une légère amélioration sur le marché des titres du Trésor de la BEAC. Selon le rapport sur les « statistiques mensuelles du marché des valeurs du Trésor de la Cemac » publié par la banque centrale, le taux d'intérêt moyen servi aux investisseurs sur les Bons du Trésor Assimilables (BTA) a diminué en janvier 2026.
Le taux moyen s'est établi à 6,87 % en janvier, contre 7,11 % en décembre 2025, soit une baisse de 24 points de base sur un mois. Ce repli intervient après plusieurs années de tension haussière sur le compartiment des titres courts.
Malgré cette détente, le coût des BTA camerounais demeure nettement supérieur à celui observé les années antérieures. À titre de comparaison, le taux moyen ressortait à 2,81 % en janvier 2018. Il a ensuite suivi une trajectoire ascendante : 4,3 % en janvier 2023, 6,4 % en janvier 2024 et 6,62 % en janvier 2025, selon les données compilées par la BEAC.
Les BTA, instruments de court terme utilisés pour couvrir des besoins ponctuels de trésorerie, restent ainsi plus onéreux pour l’État, dans un contexte de pression accrue sur les finances publiques.
La hausse structurelle des taux s’explique en grande partie par l’intensification de la concurrence sur le marché des titres publics de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA). Longtemps dominé par le Cameroun et le Gabon depuis son lancement en 2011, le marché a vu l’arrivée progressive des quatre autres États à partir de 2015, avec une accélération notable après la crise du Covid-19 en 2020.
Cette multiplication des émetteurs a modifié l’équilibre offre-demande. Les taux servis aux investisseurs ont augmenté, tandis que les taux de souscription et de couverture ont reculé. Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, l’a rappelé le 19 février 2026 à Douala, lors de la présentation du programme de financement de l’État pour 2026 : « Le constat qui se dégage de nos interventions sur le marché domestique est que la durée des titres et les taux de souscription continuent de baisser, tandis que les taux de sortie progressent. Ainsi, entre 2020 et 2025, le taux d’intérêt moyen pondéré des BTA est passé de 2,67 % à 6,65 % ».
Dans ce contexte, la légère détente observée en janvier 2026 constitue un signal positif, mais encore insuffisant pour inverser la tendance lourde de renchérissement du coût de la dette à court terme. En effet, le Cameroun prévoit d'émettre pour 320 milliards de FCFA de titres de créance sur le marché des titres publics de la BEAC au premier trimestre 2026. Sur ce montant, 45 milliards de FCFA devraient être levés en janvier exclusivement par le biais de bons du Trésor (BTA).
Le Cameroun a mobilisé 1 318,17 milliards de FCFA (environ 2,4 milliards de dollars) sur le marché régional de la dette en 2025, mais à des conditions plus restrictives, caractérisées par des taux d'intérêt plus élevés offerts aux investisseurs, une baisse des taux de souscription et de couverture, et une concurrence accrue des autres États. Le programme d'émissions de titres publics du Cameroun sur le marché monétaire prévoit un emprunt net de 400 milliards de FCFA en 2026.