Malgré l'interdiction de manifester et les ordres stricts des autorités locales, des manifestations ont éclaté dans plusieurs quartiers de Douala dimanche dernier. Le quartier de New Bell a été le théâtre d'affrontements particulièrement intenses entre la police et les manifestants.
Ces protestations ont été déclenchées par un appel d'Issa Tchiroma Bakary, qui avait exhorté ses partisans à descendre massivement dans la rue pour le soutenir et empêcher le gouvernement d'annoncer des résultats électoraux frauduleux. Des témoins oculaires rapportent que des groupes de jeunes manifestants se sont rassemblés malgré l'interdiction émise par le maire de la ville, exprimant leur soutien à Bakary et exigeant la reconnaissance de ce qu'ils considèrent comme « la victoire du peuple ».
Au Carrefour Ange-Raphaël, des manifestants ont arraché des banderoles de campagne à l'effigie du président sortant Paul Biya, un acte commis devant des gendarmes tandis que la foule scandait « Issa Tchiroma Président ». La situation a rapidement dégénéré à New Bell, Makea, lorsque la police et les unités anti-émeute (FMO) sont intervenues pour disperser les manifestants. Des scènes de chaos ont été décrites, avec des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation. Plusieurs motos ont été confisquées et de nombreuses arrestations ont eu lieu.
Les événements de dimanche confirment que les arrêtés du maire de Douala et des préfets interdisant les rassemblements publics et la circulation des motos ont été largement ignorés par des manifestants déterminés à exprimer leur frustration face aux résultats contestés de l'élection présidentielle. Le jour de la proclamation officielle des résultats, les observateurs appellent à la prudence et à éviter les rassemblements inutiles, alors que le gouvernement est confronté à une pression croissante pour gérer les troubles et empêcher toute escalade.