L'Assemblée générale des Nations unies a franchi une étape historique en adoptant une résolution qui reconnaît la traite des Africains réduits en esclavage comme le crime le plus grave contre l'humanité. Cette décision, portée par le Ghana, a été saluée par l'Union africaine (UA), qui y voit un tournant décisif et réclame désormais des réparations concrètes pour les conséquences durables de l'esclavage.
La résolution A/80/L.48 a été adoptée à une majorité suffisante pour marquer une victoire diplomatique pour l'Afrique. Le président de la Commission de l'UA a exprimé son enthousiasme, soulignant qu'elle représente « une étape importante vers la vérité, la justice et la guérison ». L'UA insiste sur le fait que cette résolution n'est pas qu'un symbole, mais reflète un appel de longue date à la reconnaissance pleine et entière de la traite négrière et de ses séquelles.
L'adoption de ce texte relance avec force le débat sur les réparations, un sujet de discussion dans plusieurs pays, notamment dans les Caraïbes et en Europe. L'UA réitère son appel à une reconnaissance globale des conséquences historiques et contemporaines de l'esclavage, notamment en termes de pauvreté structurelle, de discriminations raciales et d'inégalités économiques. L'organisation continentale se dit déterminée à collaborer avec les Nations unies et ses partenaires pour faire progresser la justice historique et empêcher que de tels crimes ne se reproduisent.
Si 123 États ont voté en faveur de la résolution, les détails du vote révèlent des divisions profondes. Les États-Unis, Israël et l'Argentine ont voté contre, tandis que plusieurs pays européens, le Royaume-Uni, le Canada et le Japon se sont abstenus. Malgré ces divisions, l'adoption de la résolution par l'ONU confère un poids juridique et moral inédit à la question des réparations, et dynamise la lutte de l'Union Africaine pour obtenir justice.
L'Union africaine a désigné la période 2026-36 comme sa « décennie des réparations » et a nommé John Dramani Mahama, président du Ghana, comme champion de cette cause. Un comité d'experts de l'UA travaille sur un cadre pour la justice réparatrice, en collaboration avec les descendants d'esclaves du monde entier. L'UA prépare également une affaire qui sera portée devant la Cour internationale de Justice, dans laquelle elle demandera réparation pour l'esclavage à certains des pays qui se sont engagés dans la traite des esclaves.