La loi de Finances 2026 au Cameroun marque un tournant fiscal pour les propriétaires et importateurs de véhicules d'occasion. Le gouvernement a décidé de relever les droits d'accises sur les véhicules anciens, une mesure qui devrait impacter significativement le marché automobile. L'objectif principal est de moderniser le parc automobile national, jugé trop vétuste, tout en augmentant les recettes fiscales de l'État.
Concrètement, la loi introduit un nouveau barème d'imposition basé sur l'âge du véhicule. Les voitures de plus de 12 ans et jusqu'à 20 ans seront désormais taxées à 12,5 %, tandis que celles dépassant les 20 ans verront leurs droits d'accises grimper à 25 %. Auparavant, un taux uniforme de 12,5 % s'appliquait aux véhicules de 0 à 15 ans. Cette modification cible particulièrement les importateurs de véhicules d'occasion, dont le modèle économique repose sur l'acquisition de voitures anciennes à bas prix.
Cette mesure a pour but d'inciter les acheteurs à se tourner vers des véhicules plus récents, réduisant ainsi le nombre de «épaves roulantes» sur les routes camerounaises. Les autorités espèrent également encourager l'acquisition de véhicules électriques, considérés comme plus écologiques. En 2019, le gouvernement avait déjà supprimé les droits de douane sur les véhicules de moins de 10 ans en provenance de l'Union Européenne.
Cependant, cette nouvelle loi suscite des inquiétudes. Les importateurs craignent une chute des volumes d'importation et une augmentation des prix sur le marché intérieur. Certains experts estiment que les véhicules déjà présents au Cameroun prendront de la valeur, rendant l'achat d'occasion encore plus difficile pour les classes moyennes. Une taxe spécifique sur la visite technique automobile sera également créée pour financer des actions en faveur des personnes handicapées.
Au-delà des taxes, le gouvernement camerounais cherche à diversifier ses sources de revenus tout en encourageant une économie plus verte. Les véhicules propulsés au gaz naturel comprimé ou liquéfié (GNC et GNL) bénéficieront d'un taux de 0 % de droits d'accises, sans distinction d'âge. Reste à voir si ces mesures suffiront à moderniser durablement le parc automobile camerounais et à améliorer la sécurité routière.