Le Tchad a annoncé la fermeture immédiate de sa frontière avec le Soudan le 21 février 2026, une décision motivée par les incursions répétées et les risques d'extension du conflit soudanais sur son territoire. Cette mesure radicale fait suite à des combats survenus dans la ville frontalière de Tina, où des paramilitaires soudanais auraient attaqué un poste frontalier, entraînant la mort d'au moins six soldats tchadiens appartenant à la force mixte de sécurisation de la zone, ainsi que de quatre civils tchadiens.
Le gouvernement tchadien, par la voix du ministre de la Communication, Mahamat Gassim Chérif, justifie cette fermeture par la nécessité de prévenir « tout risque d’expansion du conflit » en provenance du Soudan, soulignant la volonté de protéger l’intégrité territoriale et la sécurité des populations tchadiennes. Des exceptions pourront être accordées pour des raisons strictement humanitaires, après autorisation préalable.
Une source militaire a rapporté que l'attaque du poste frontalier à Tina a été menée par des paramilitaires soudanais. En réponse à ces événements, une réunion de crise, présidée par le Premier ministre, s'est tenue le lundi 23 février pour évaluer la situation et envisager d'éventuelles ripostes. Le gouvernement tchadien a clairement indiqué qu'il « se réserve le droit de riposter contre toute agression ».
Ces incidents frontaliers ne sont pas des faits isolés. En janvier 2026, sept soldats tchadiens avaient déjà été tués dans des affrontements similaires, et deux autres avaient péri fin décembre 2025 lors d’une frappe de drone sur le territoire tchadien. La fermeture de la frontière intervient dans un contexte de tensions régionales croissantes et met en lumière les défis sécuritaires auxquels le Tchad est confronté en raison du conflit persistant au Soudan. Le Tchad accueille déjà plus d'un million de réfugiés soudanais fuyant la guerre civile qui a débuté en avril 2023.