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Le SYNAFOC tire la sonnette d'alarme sur les salaires des footballeurs professionnels au Cameroun

Le SYNAFOC alerte sur la baisse des salaires des footballeurs professionnels au Cameroun. Seuls quelques clubs paient régulièrement leurs joueurs, et des fraudes sont dénoncées.

Le SYNAFOC tire la sonnette d'alarme sur les salaires des footballeurs professionnels au Cameroun
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Le Syndicat National des Footballeurs Camerounais (SYNAFOC) a récemment publié un rapport alarmant sur la situation salariale des footballeurs professionnels au Cameroun au cours des trois premiers mois de 2026. Le « Baromètre » du SYNAFOC révèle une baisse significative des taux de paiement des salaires dans les différentes ligues, suscitant de vives inquiétudes quant à la précarité financière des joueurs.

En MTN Elite One, le taux de paiement moyen des salaires a chuté à 49% en février 2026, ce qui signifie que seulement 6 clubs sur 14 paient régulièrement leurs joueurs. La situation est encore plus critique en Elite Two, où seulement 4 clubs sur 16 (29%) respectent leurs engagements salariaux. La Guinness Super League, la ligue de football féminin, affiche un taux de paiement de 0% au moment de la publication du rapport, une situation qualifiée de « scandaleuse » par le SYNAFOC, étant donné que les salaires sont censés être pris en charge par un sponsor.

Au-delà des salaires de base, le SYNAFOC dénonce également une dégradation du paiement des primes, un complément de revenu essentiel pour les joueurs. En Elite One, seulement 81% des primes d'entraînement et 71% des primes de match sont versées. Les chiffres sont similaires en Elite Two, avec respectivement 75% et 61%. Seule la Guinness Super League affiche un taux de paiement de 100% pour les primes, mais ce chiffre contraste avec l'absence totale de paiement des salaires.

Le SYNAFOC accuse également certains clubs de pratiques frauduleuses visant à obtenir les subventions de l'État. Selon le syndicat, les montants réellement versés aux joueurs sont inférieurs à ceux indiqués dans les contrats soumis à la FECAFOOT, la fédération camerounaise de football. « Les conditions des footballeurs et des footballeuses ne se sont jamais portées aussi mal que depuis 4 ans », déplore Maître Daniel Blaise Ngos, secrétaire général du SYNAFOC.

Le SYNAFOC critique ouvertement la FECAFOOT, qu'il considère comme un simple « gendarme de façade » et l'accuse d'une « gouvernance opaque » et conflictuelle. Le syndicat estime que la situation actuelle est la conséquence d'une mauvaise gestion et d'un manque de transparence au sein de la fédération.

Malgré ces constats alarmants, le SYNAFOC dresse un bilan positif de son « Baromètre », qui fête son premier anniversaire en mars 2026. Le syndicat estime que cet outil a permis de mettre en lumière les problèmes de paiement des salaires et de sensibiliser les acteurs du football camerounais à la nécessité de respecter les droits des joueurs. En mars 2026, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rejeté l'appel interjeté par le SYNAFOC dans le différend qui l'oppose à la FECAFOOT.

En parallèle, le SYNAFOC a signé en mars 2026 une convention de partenariat avec l'École des Métiers du Sport de l'Institut National de la Jeunesse et des Sports (EMS/INJS). L'objectif est de proposer des formations adaptées aux contraintes des sportifs de haut niveau, afin de les accompagner dans leur reconversion professionnelle.

La situation financière précaire des footballeurs professionnels au Cameroun met en évidence les défis auxquels est confronté le football local, malgré le talent et la passion des joueurs. Le SYNAFOC continuera de jouer son rôle de défenseur des droits des joueurs, en dénonçant les abus et en proposant des solutions pour améliorer leurs conditions de vie.

Source : sportcamer.com