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Le Nigeria accusé d'avoir versé une rançon colossale à Boko Haram pour la libération d'écoliers

Le Nigeria est accusé d'avoir versé une rançon à Boko Haram pour libérer des écoliers enlevés. Une enquête révèle un paiement secret et la libération de commandants jihadistes, ce que le gouvernement

Le Nigeria accusé d'avoir versé une rançon colossale à Boko Haram pour la libération d'écoliers
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Le Nigeria se retrouve au cœur d'une polémique après des accusations selon lesquelles le gouvernement aurait versé une rançon substantielle, et libéré des commandants jihadistes, au groupe terroriste Boko Haram en échange de la libération de près de 300 élèves et enseignants enlevés en novembre dernier dans l'État du Niger.

Une enquête menée par l'Agence France-Presse (AFP) révèle que le gouvernement nigérian aurait secrètement négocié avec Boko Haram, versant une somme d'argent estimée entre 1,5 et 7 millions de dollars. En plus de cette somme colossale, l'accord aurait inclus la libération de deux commandants du groupe terroriste. Le paiement d'une rançon contrevient à la législation nigériane, qui interdit formellement de telles transactions, une position que les autorités ont toujours maintenue.

Selon des sources sécuritaires citées par l'AFP, l'argent aurait été transporté par hélicoptère jusqu'à Gwoza, un bastion de Boko Haram situé dans le nord-est du Nigeria, près de la frontière avec le Cameroun. Un chef local, Ali Ngule, aurait réceptionné les fonds avant de se rendre au Cameroun pour confirmer la transaction, en raison des difficultés de communication dans la région. L'enquête désigne Sadiku, un commandant de Boko Haram opérant dans l'État du Niger et déjà impliqué dans l'attaque du train Abuja-Kaduna, comme l'orchestrateur de cet enlèvement.

En réaction à ces allégations, le gouvernement nigérian a nié catégoriquement avoir versé une rançon, qualifiant les accusations de « totalement fausses et infondées ». Le ministre nigérian de l'Information, Mohammed Idris, a déclaré que la libération des élèves était le résultat d'une opération de sécurité précise et coordonnée.

Cette affaire met en lumière la complexité de la lutte contre l'insécurité et la menace djihadiste au Nigeria, où les enlèvements de masse sont devenus un problème récurrent. En 2022, le Nigeria a adopté une loi criminalisant le paiement de rançons, passible de peines de prison allant jusqu'à 15 ans. Malgré cette loi, les paiements secrets continuent, alimentant ce que certains experts appellent une véritable « industrie de l'enlèvement ». Une étude récente estime que les rançons versées aux groupes armés se sont élevées à 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025.