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Le FMI met en garde contre les fragilités du secteur bancaire camerounais face aux ambitions de croissance

Le FMI alerte sur les fragilités du système bancaire camerounais, qui pourraient freiner les ambitions de croissance du pays. Des réformes sont nécessaires pour renforcer le secteur et améliorer l'acc

Le FMI met en garde contre les fragilités du secteur bancaire camerounais face aux ambitions de croissance
Actualités Cameroun

Le Fonds monétaire international (FMI) a émis une alerte concernant la capacité du système bancaire camerounais à soutenir les ambitions de croissance du pays. Dans sa consultation annuelle publiée le 30 mars 2026, le FMI souligne que plusieurs facteurs pourraient entraver la capacité du Cameroun à financer son développement, notamment la montée du risque souverain, le poids des banques publiques et les retards dans la mise en œuvre des réformes anti-blanchiment.

L'institution de Bretton Woods insiste sur le fait que des réformes structurelles sont nécessaires pour que le système bancaire puisse jouer pleinement son rôle de soutien à l'investissement et à l'activité économique. Le FMI exhorte les autorités camerounaises à faire preuve de prudence face à l'expansion de l'État dans le secteur bancaire et à renforcer la gouvernance des banques publiques.

Le crédit au secteur privé, un indicateur clé de la santé du système bancaire, montre des signes de ralentissement, avec une progression attendue de 11,2 % en 2025 contre 12,3 % en 2024. Le FMI prévoit une légère reprise à 11,7 % en 2026, mais souligne que cela dépendra de la mise en œuvre de réformes « décisives et soutenues ». L'institution prévoit une croissance de 3,3 % en 2026, puis de 4,6 % à moyen terme, conditionnée par la capacité du système bancaire à mobiliser l'épargne et à financer les investissements, notamment dans les infrastructures et le secteur minier.

Le Cameroun figure sur la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) depuis juin 2023, en raison de retards dans la mise en œuvre des normes internationales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. En octobre 2025, 13 des 24 mesures prévues dans le plan d'action du GAFI étaient toujours en suspens. Le FMI insiste sur l'importance d'accélérer ces réformes pour sortir de la liste grise, ce qui améliorerait l'accès des banques camerounaises aux circuits financiers internationaux et réduirait le coût du financement extérieur. Hubert Nde Sambone, directeur de l’Agence nationale d’investigation financière, a déclaré en février 2026 que les autorités s’attendaient à des progrès significatifs après la soumission du prochain rapport au GAFI cette année. Le Cameroun vise une sortie de la liste grise du GAFI d'ici fin 2026.

Le FMI souligne que le Cameroun pourra-t-il soutenir son pari de croissance avec un système bancaire fragilisé par l’exposition à l’État, les faiblesses de gouvernance et le coût croissant de la conformité. L'institution prévient que, sans réformes rapides, le financement de la transformation économique pourrait devenir un obstacle majeur dans les années à venir.

Source : www.investiraucameroun.com