La dépouille d'Anicet Ekane, figure de l'opposition camerounaise décédée le 1er décembre 2025 alors qu'il était détenu au Secrétariat d'État à la Défense (SED), a finalement été remise à sa famille. Cette restitution met fin à plusieurs semaines d'attente et de vives tensions, exacerbées par les circonstances controversées de son décès.
Cette décision des autorités camerounaises intervient après une déclaration publique de Maurice Kamto, président du MRC, sur les ondes d'ABK Radio web. Kamto avait fermement dénoncé le « traitement odieux » réservé à Anicet Ekane et exigé que le gouvernement respecte sa dignité post-mortem. Moins de 24 heures après cette intervention, le SED a reçu l'ordre de libérer le corps.
Depuis le décès d'Anicet Ekane, sa famille et ses avocats n'ont cessé de réclamer la restitution de sa dépouille, qui était conservée sous scellés à la morgue de l'hôpital central de Yaoundé. Les autorités justifiaient ce maintien par la nécessité d'investigations. Cependant, la pression politique exercée par Maurice Kamto et l'indignation grandissante de l'opinion publique ont finalement contraint le gouvernement à céder.
Pour les proches d'Anicet Ekane, cette libération représente un soulagement immense, bien que teinté de tristesse. Après des mois d'incertitude, ils peuvent enfin organiser les funérailles et offrir une sépulture digne à leur défunt. Le Manidem, parti politique d'Anicet Ekane, a salué cette restitution comme une victoire, tout en soulignant que la lutte pour établir la vérité sur les causes de sa mort se poursuivait.
La mort d'Anicet Ekane, survenue dans des conditions troubles, avait suscité de vives réactions tant au Cameroun qu'à l'étranger. Des organisations de défense des droits de l'homme, telles que Human Rights Watch, avaient appelé à une enquête impartiale et approfondie sur les circonstances de son décès. Ekane avait été arrêté le 24 octobre 2025, dans un contexte de contestation des résultats de l'élection présidentielle. Il était accusé d'« insurrection » et de « rébellion », des charges que son parti considérait comme politiquement motivées.
Cette affaire met en lumière les tensions politiques persistantes au Cameroun et les préoccupations concernant le traitement des opposants politiques. La libération du corps d'Anicet Ekane sous la pression de l'opposition constitue un précédent notable et pourrait encourager d'autres familles à réclamer justice et transparence. L'enquête annoncée par le gouvernement permettra-t-elle de faire la lumière sur les circonstances exactes de son décès ?