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Le Cameroun sous pression face à l'immatriculation de pétroliers soupçonnés d'appartenir à la "flotte fantôme" russe

Le Cameroun est sous pression européenne après l'immatriculation de 37 pétroliers liés à la "flotte fantôme" russe. Des craintes de contournement des sanctions pèsent sur le registre maritime cameroun

Le Cameroun sous pression face à l'immatriculation de pétroliers soupçonnés d'appartenir à la "flotte fantôme" russe
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Le Cameroun se retrouve sous surveillance accrue de ses partenaires européens en raison de l'immatriculation de 37 pétroliers liés au registre maritime russe sous son pavillon. Cette situation, qui s'est intensifiée depuis fin 2025 avec un pic en janvier et février 2026, soulève des questions sur la rigueur des contrôles effectués par l'administration maritime camerounaise.

Des observateurs européens craignent que le registre camerounais ne soit utilisé pour contourner les sanctions imposées sur les exportations russes d'hydrocarbures. Les immatriculations se concentrent principalement dans trois zones maritimes : Kribi (15 navires), Limbé (13 navires) et Douala (9 navires), ce qui donne une dimension nationale au problème. Parmi les navires immatriculés, 27,8 % sont liés au registre russe, et ils représentent 67,6 % des transporteurs de brut sous pavillon camerounais. Ces chiffres sont jugés inhabituels et posent la question du rôle du registre maritime camerounais dans le contrôle des flux énergétiques internationaux.

Une majorité de ces pétroliers battaient auparavant pavillon de pays connus pour la souplesse de leurs procédures, tels que la Gambie, les Palaos et les Comores. L'opacité de certains opérateurs est également préoccupante, avec 35 opérateurs différents recensés pour 37 navires, ce qui peut indiquer des structures difficilement traçables. Face à ces éléments, plusieurs pays européens ont officiellement interpellé le gouvernement camerounais en février 2026. L'Union européenne cherche à réduire les revenus énergétiques de Moscou en ciblant les circuits de commercialisation du pétrole russe, et les pavillons accordés par des pays tiers sont surveillés de près.

Bruxelles envisage de conditionner certains financements à une réforme des procédures d'attribution du pavillon camerounais. Pour le Cameroun, l'enjeu est de préserver sa crédibilité, la qualité de ses relations avec ses partenaires et son image de place maritime fiable. Un registre perçu comme laxiste pourrait entraîner des coûts économiques et diplomatiques importants. Les autorités camerounaises invoquent un manque de moyens pour vérifier l'historique des armateurs et assurer le suivi des navires, tout en affirmant qu'un texte de modernisation du secteur maritime est en préparation.

Le gouvernement camerounais a ouvert un dossier à haute sensibilité diplomatique concernant l'immatriculation de navires soupçonnés d'appartenir à la « flotte fantôme » russe. Une réunion a eu lieu le 6 février 2026 à Yaoundé, sous la direction du Premier ministre Joseph Dion Ngute, pour examiner cette question. Le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a évoqué une possible cyberfraude, signalant des immatriculations frauduleuses réalisées via des applications non autorisées. Le Cameroun se trouve ainsi face à un choix stratégique : renforcer les contrôles pour garantir la crédibilité de son registre maritime ou risquer d'être perçu comme une porte d'entrée pour des trafics illicites.

Source : www.investiraucameroun.com