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Le Cameroun parie sur le solaire pour contrer les délestages : suppression des droits de douane sur les équipements solaires

Le Cameroun supprime les droits de douane sur 220 équipements solaires pour lutter contre les coupures d'électricité. Une mesure incitative pour développer le solaire et réduire la dépendance aux grou

Le Cameroun parie sur le solaire pour contrer les délestages : suppression des droits de douane sur les équipements solaires
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Face aux coupures d'électricité récurrentes qui affectent son économie et la vie quotidienne de ses citoyens, le Cameroun mise sur l'énergie solaire comme solution alternative. Le gouvernement a pris une mesure significative en supprimant totalement les droits de douane et la TVA sur une large gamme d'équipements liés aux énergies renouvelables, et ce, pour une durée de deux ans.

Cette décision, officialisée par un arrêté, concerne près de 220 références d'équipements, incluant les modules photovoltaïques, les panneaux solaires, les onduleurs et les batteries de stockage. L'objectif principal est de réduire les coûts d'acquisition de ces équipements et de les rendre plus accessibles à la population et aux entreprises.

Le Cameroun dispose d'un potentiel hydraulique important, mais son parc de production est vieillissant et les investissements dans les infrastructures de transport et de distribution ont été différés. Cette situation a conduit à des délestages structurels, incitant de nombreux ménages et entreprises à recourir à des groupes électrogènes, coûteux et polluants.

En supprimant les taxes à l'importation, le gouvernement espère une baisse significative du prix de revient des installations solaires, potentiellement de 20 à 30 %. Cette mesure incitative pourrait transformer la chaîne de valeur solaire, en stimulant la demande pour les kits solaires, en particulier dans les zones rurales mal desservies par le réseau électrique national.

L'administration camerounaise a associé les douanes et le ministère de l'Énergie pour établir une nomenclature précise des équipements concernés et éviter les détournements. Un contrôle a posteriori est prévu pour s'assurer que les exonérations profitent réellement au secteur solaire.

À court terme, cette exonération devrait entraîner une augmentation de la demande de kits solaires et une réduction des dépenses des ménages en carburant pour les groupes électrogènes. À long terme, elle pourrait structurer le marché solaire, à condition que le gouvernement mette en place des garanties de qualité pour les équipements importés et fluidifie les procédures d'importation.

Le défi majeur reste la soutenabilité fiscale et industrielle de cette politique. L'État camerounais mise sur les investissements privés dans le solaire, mais leur succès dépendra de la capacité des services publics à contrôler la qualité des équipements et à faciliter les importations. Le gouvernement vise à porter à 25 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique d'ici 2035. Reste à savoir si les infrastructures de formation et de maintenance suivront le rythme de cette transition énergétique.

En parallèle à ces mesures fiscales, le Cameroun s'est engagé dans un plan ambitieux, le National Energy Compact (CEN), visant à transformer durablement le secteur de l'électricité d'ici 2030, avec un investissement privé ciblé de 6,5 milliards de dollars. Une nouvelle loi sur l'électricité est attendue pour 2026, clarifiant les règles des partenariats public-privé et offrant une meilleure visibilité aux investisseurs.

L'objectif ultime est d'atteindre un taux d'accès à l'électricité de 100 % en 2035, contre 74 % en 2025, et de porter la part des énergies renouvelables à 10 % du mix énergétique d'ici 2030.

Source : www.camer.be