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Le Cameroun et le Tchad digitalisent le fret terrestre sur le corridor Douala-N’Djamena

Le Cameroun et le Tchad digitalisent la lettre de voiture et la taxe à l’essieu pour fluidifier le corridor Douala–N’Djamena. Cette initiative vise à sécuriser les flux administratifs et financiers et

Le Cameroun et le Tchad digitalisent le fret terrestre sur le corridor Douala-N’Djamena
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Le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT) du Cameroun, en collaboration avec le Bureau national de fret terrestre (BNFT) du Tchad, a lancé le 20 février 2026 à Douala, un projet de digitalisation des procédures de délivrance de la lettre de voiture obligatoire (LVO) et de la taxe à l’essieu. Cette initiative vise à fluidifier le corridor Douala–N’Djamena, une artère économique essentielle pour le Tchad.

La lettre de voiture obligatoire (LVO) est un document exigé pour tout transport routier de marchandises à titre onéreux. Elle assure la traçabilité des opérations et sert de preuve contractuelle. La taxe à l’essieu, quant à elle, est destinée à financer l’entretien du réseau routier. La digitalisation de ces procédures a pour objectif de sécuriser les flux administratifs et financiers, considérés comme stratégiques pour le transit sous-régional.

Deux plateformes numériques sont au cœur de ce dispositif : Landfreightis, une bourse électronique de fret pour la sous-région, et Sig Freight, un système de suivi dématérialisé des procédures de gestion du fret terrestre. Les transporteurs sont désormais tenus d'effectuer leurs démarches administratives en ligne via ces plateformes.

Selon Abdoullahi Faouzi, chef du projet, cette digitalisation poursuit trois objectifs principaux : simplifier et rendre transparentes les formalités administratives, optimiser et sécuriser les recettes destinées au Trésor public et à l’entretien des routes, et garantir la souveraineté sur les données du secteur. Le directeur général du BNFT, Saleh Youssouf Erda, a précisé que les agences de Douala, Kribi, Ngaoundéré et le poste frontalier de Koutéré sont désormais « 100 % connectées et opérationnelles ».

Cette réforme intervient dans un contexte de difficultés persistantes sur le corridor Douala–N’Djamena, long de 1 948 km. Les transporteurs signalent régulièrement des tracasseries liées aux contrôles des forces de maintien de l’ordre et de la douane. Pourtant, le transit des marchandises tchadiennes génère plus de 350 milliards de FCFA de recettes annuelles pour le Cameroun, d'après les chiffres de la douane. Une mission d’immersion menée par l’Unité opérationnelle de surveillance (UOSC) du BGFT en janvier 2026 a révélé que sur 1 392 km, 64 arrêts ont été recensés, soit une entrave tous les 21,75 km, qualifiant le corridor d’« asphyxié » sur le plan fonctionnel.

Ces arrêts entraînent une surconsommation de carburant, une usure accélérée des équipements et des frais supplémentaires. Avec environ 20 000 mouvements de camions par an vers le Tchad, représentant plus d’un million de tonnes de marchandises, l’impact économique est considérable. Les retards cumulés, estimés à 48 heures par trajet simple, entraînent une hausse des coûts fixes d’environ 15 % par tonne-kilomètre.

El Hadj Oumarou, coordonnateur général du BGFT, souligne l’importance de l’interopérabilité des systèmes. En connectant les plateformes (Guce, Camcis, Sip), le BGFT ambitionne de réduire les barrières non tarifaires et les délais aux postes de contrôle. L’objectif ultime est de consolider la position du Cameroun comme « porte naturelle » de la zone Cemac, où le passage d'une frontière se veut une simple formalité numérique. La digitalisation vise donc à préserver la compétitivité logistique du corridor, essentielle pour le commerce régional et le pouvoir d’achat des consommateurs tchadiens.

La Banque mondiale soutient également le Cameroun dans ses efforts pour améliorer l'efficacité du corridor Douala-Ndjamena, notamment par la réduction du temps de rotation au port de Douala et la modernisation des infrastructures ferroviaires.

Source : www.investiraucameroun.com