Le Cameroun mise sur le numérique pour doper son développement économique. Le président Paul Biya a signé un décret, le 6 mars 2026, autorisant un accord de prêt avec la banque chinoise EXIMBANK pour un montant de 108,4 milliards de FCFA. Ces fonds sont spécifiquement alloués à la phase IV du projet d'extension du réseau de transmission par fibre optique du pays.
Ce projet ambitieux vise à étendre le réseau de fibre optique à travers le Cameroun, en ciblant particulièrement les zones mal desservies ou non connectées. L'objectif est de réduire la fracture numérique entre les villes et les zones rurales, en offrant un accès internet haut débit plus équitable.
La fibre optique est considérée comme l'épine dorsale du réseau internet camerounais. Les phases précédentes du projet ont permis de connecter les grandes villes et les capitales régionales. Cette nouvelle phase se concentre sur les zones secondaires et les localités enclavées, souvent négligées par les opérateurs privés.
L'accord avec EXIMBANK Chine s'inscrit dans un partenariat de longue date, la banque finançant déjà de nombreux projets d'infrastructure en Afrique. Pour le Cameroun, la Chine est un partenaire financier majeur dans le développement d'infrastructures essentielles.
L'extension du réseau de fibre optique devrait apporter des avantages concrets aux populations. Les administrations locales pourront améliorer leurs services numériques, les écoles et universités auront accès à des ressources pédagogiques en ligne, et les centres de santé pourront développer la télémédecine. Le développement du télétravail et du commerce en ligne est également attendu, ce qui pourrait attirer davantage d'investissements.
Malgré ces perspectives positives, des défis importants persistent. Le relief varié du Cameroun, l'isolement de certaines zones et la sécurité des équipements sont autant d'obstacles à surmonter. Il faudra également assurer une intégration harmonieuse avec les réseaux existants et anticiper les besoins futurs en bande passante.
Certains observateurs s'inquiètent de l'endettement croissant du Cameroun. Les détails du prêt, tels que les taux d'intérêt et les échéances de remboursement, n'ont pas été divulgués. La capacité du pays à supporter cette dette à long terme reste un sujet de préoccupation.
Au-delà de l'aspect financier, ce projet est un enjeu de souveraineté numérique. Un réseau national permettrait de réduire la dépendance du Cameroun vis-à-vis des câbles sous-marins internationaux et des opérateurs étrangers. Reste à savoir si cet investissement permettra au Cameroun de franchir une nouvelle étape dans son développement numérique.
En avril 2025, une étude a classé le Cameroun dernier sur 93 pays en matière de développement de la fibre optique, avec une note de 4 sur 100. Le pays dispose d'un réseau de 15 000 km de fibre optique déployé fin 2023, et 3 500 km supplémentaires étaient prévus pour 2024. Cependant, ces infrastructures restent sous-exploitées. La Société financière internationale a révélé qu'en 2022, seulement 15 % du câble SAT3 et 30 % du WACS étaient utilisés depuis leur lancement.
Le Cameroun ambitionne de réduire la fracture numérique, mais le rythme de déploiement de la fibre optique reste insuffisant.