La République Démocratique du Congo (RDC) intensifie ses efforts pour améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Dès mars 2026, le ministère des Finances a lancé un programme d'accompagnement axé sur la facture normalisée, en distribuant 4 000 dispositifs électroniques fiscaux. Cette initiative vise à moderniser le système fiscal et à accroître l'efficacité de la collecte des impôts à travers le pays.
Le 5 septembre 2024, la Direction Générale des Impôts (DGI) a annoncé le lancement de la première phase de son système de facturation électronique, connu sous le nom de « Facture Normalisée », ainsi que l'utilisation de dispositifs fiscaux électroniques. Cette phase initiale cible spécifiquement les entreprises sélectionnées selon des critères prédéfinis par l'administration fiscale. Pour les entreprises ne disposant pas de logiciel de facturation, des « e-UF » (Unités de Facturation Électronique) ont été approuvés, tandis que les entreprises équipées de tels logiciels peuvent utiliser les « e-MCF » (Modules de Contrôle de Facturation).
Des sessions de formation ont été organisées au début du mois de septembre pour familiariser les contribuables des grandes et moyennes entreprises avec ces nouveaux outils. L'objectif était de les préparer à l'utilisation des e-UF, des dispositifs fiscalisés permettant d'émettre des factures conformes aux exigences fiscales, et des e-MCF, conçus pour une meilleure intégration avec les systèmes de facturation électronique existants.
En 2023, les recettes fiscales de la RDC ont atteint 8,039 milliards de francs congolais (3,2 milliards de dollars) entre janvier et septembre, représentant 74 % de l'objectif initial pour cette période. La Direction des Grandes Entreprises (DGE) a mobilisé près de 71 % de son objectif, tandis que les directions urbaines et provinciales (DPI/DUI-K) ont affiché un taux d'exécution de 95,33 %. Le gouvernement congolais prévoit de collecter 12 833,9 milliards de francs congolais d'impôts cette année, conformément à la loi de finances 2023, intégrant des revenus importants provenant du secteur minier.
La mise en place de ces dispositifs électroniques s'inscrit dans une stratégie plus large visant à améliorer la mobilisation des recettes intérieures. En juillet 2025, la Banque Mondiale a souligné que les recettes fiscales de la RDC représentaient 12,5 % du PIB, contre une moyenne de 16 % pour l'Afrique subsaharienne. La rationalisation des incitations fiscales pourrait améliorer l'efficacité des politiques fiscales et ouvrir la voie à de futures réductions des taux d'imposition. L'implémentation de la facturation électronique obligatoire devrait aider la RDC à augmenter son ratio impôts/PIB, qui était de 13,7 % en 2023.
Le gouvernement prévoit une augmentation du taux de pression fiscale, passant de 10,5 % en 2021 à 14,8 % en 2022, contre une moyenne de 17,6 % pour la région Afrique subsaharienne. L'utilisation de ces nouveaux outils devrait non seulement faciliter la collecte des impôts, mais aussi améliorer la transparence et la traçabilité des transactions commerciales. La prochaine étape consistera à étendre le système à d'autres groupes de contribuables, bien que les détails n'aient pas encore été annoncés.