La police camerounaise a émis une circulaire interdisant aux agents de porter leur uniforme sur les réseaux sociaux, marquant un retour strict à la discipline. Signée le 13 mars 2026 par le Délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, cette directive rappelle 31 articles du code de déontologie et vise à encadrer l'apparence des agents et leur présence en ligne.
La circulaire détaille les règles concernant le port de l'uniforme, interdisant les coiffures extravagantes, les accessoires non autorisés et toute apparition en tenue de service sur les réseaux sociaux sans autorisation préalable. Cette mesure fait suite à des dérives constatées, où certains agents ont adopté des styles vestimentaires non conformes et diffusé des vidéos en tenue dans des contextes privés sur des plateformes comme TikTok et Facebook. L'institution policière a jugé que ces comportements portaient atteinte à son autorité et à sa crédibilité.
Le non-respect de cette circulaire entraînera des sanctions disciplinaires, allant du simple avertissement à la radiation, voire des poursuites judiciaires pour les comportements les plus graves. La direction générale de la police entend ainsi responsabiliser chaque agent et instaurer un mécanisme d'auto-surveillance au sein des effectifs.
À court terme, les policiers devront adapter leur présence en ligne, avec la suppression ou le verrouillage des comptes montrant des agents en uniforme. À long terme, cette mesure vise à restaurer la confiance avec la population, en projetant une image de discipline et de respect. Cependant, certains craignent que cela n'accentue la distance entre les forces de l'ordre et une jeunesse très connectée.
Cette initiative pose la question de l'équilibre entre discipline et modernité institutionnelle, un défi pour de nombreuses institutions africaines. La police camerounaise mise sur le rappel à l'ordre plutôt que sur l'accompagnement numérique, une stratégie dont l'impact sur l'image de l'institution reste à déterminer.