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La France restitue le tambour Djidji Ayôkwé à la Côte d'Ivoire, 110 ans après son pillage

La France a restitué le tambour Djidji Ayôkwé à la Côte d'Ivoire, 110 ans après son pillage en 1916. Symbole de cohésion sociale, il sera exposé au Musée des civilisations d'Abidjan.

La France restitue le tambour Djidji Ayôkwé à la Côte d'Ivoire, 110 ans après son pillage
Culture & Médias

La France a officiellement restitué à la Côte d'Ivoire le tambour parleur Djidji Ayôkwé, lors d'une cérémonie qui s'est tenue à Paris le vendredi 20 février 2026. Cet instrument, pilier rituel et guerrier du peuple Atchan, avait été confisqué en 1916 par les colons français.

La cérémonie de restitution s'est déroulée au Musée du quai Branly – Jacques Chirac. La ministre ivoirienne de la Culture, Françoise Remarck, et son homologue française, Rachida Dati, ont signé l'acte de transfert de propriété. Ce tambour de plus de 400 kilos et long de près de quatre mètres, symbole de cohésion sociale et de fraternité, retrouve ainsi son pays d'origine, 110 ans après sa disparition.

Le Djidji Ayôkwé est bien plus qu'un simple instrument de musique. Taillé dans un tronc d'arbre d'iroko, il mesure 3,30 mètres de long et pèse environ 430 kg. Il servait à transmettre des messages rituels et à alerter les populations, notamment lors des opérations de recrutement forcé ou de conscription militaire. Les autorités coloniales le considéraient comme un outil stratégique de communication et de résistance. En 1916, lors d'une expédition punitive, les autorités françaises s'en sont emparées à Adjamé afin de briser la résistance du peuple Atchan.

La restitution du Djidji Ayôkwé est l'aboutissement d'un processus engagé en 2019 par Abidjan et rendu possible par le vote d'une loi spéciale en France en juillet 2025. À son retour, le tambour sera la pièce maîtresse du Musée des civilisations de Côte d'Ivoire, dont l'ouverture est prévue cette année à Abidjan. Conçu en partenariat avec le musée parisien, l'établissement entend promouvoir la transmission et la valorisation du patrimoine culturel ivoirien.

La Côte d'Ivoire réclame encore 147 biens culturels. Avant la Côte d'Ivoire, la France avait déjà restitué au Bénin des objets d’arts pillés au cours de la colonisation. L'UNESCO a alloué 100 000 dollars pour soutenir la valorisation et la promotion du tambour parleur.

Le retour du Djidji Ayôkwé marque une étape importante dans la restitution des biens culturels africains saisis pendant la colonisation. Il symbolise le lien complexe entre mémoire, patrimoine et identité. La restitution de ce tambour sacré est un acte de justice et une victoire sur l'oubli, selon Silvie Memel Kassi, ancienne directrice du Musée des civilisations de Côte d'Ivoire.

Le tambour Djidji Ayôkwé, plus qu'un simple instrument de musique, redevient un emblème sacré de l'identité Ébrié.