Brenda Biya, fille du président Paul Biya, a participé au défilé de la Journée internationale de la femme le 8 mars 2026 aux côtés de sa mère, Chantal Biya. Cette apparition publique a suscité des interrogations, compte tenu de l'orientation sexuelle ouvertement lesbienne de Brenda Biya, dans un pays où l'homosexualité est criminalisée.
Au Cameroun, l'article 347-1 du code pénal punit les relations sexuelles entre personnes de même sexe d'une peine de six mois à cinq ans d'emprisonnement, assortie d'une amende. Cette loi, héritée de la période post-coloniale, est perçue par certains comme un mécanisme de protection des valeurs sociales et de résistance contre les pratiques imposées par l'administration coloniale française.
La présence de Brenda Biya à la tribune présidentielle est interprétée de différentes manières. Certains estiment que le cabinet civil n'a pas pleinement mesuré les conséquences symboliques de cette apparition. D'autres pensent que Chantal Biya a personnellement insisté pour que sa fille soit à ses côtés, ignorant ainsi les recommandations protocolaires. Cette situation met en lumière des tensions potentielles au sein de la présidence et soulève des questions sur les circuits de décision.
La scolarisation des enfants du couple présidentiel en Europe, notamment le passage de Brenda Biya au Collège du Léman à Genève, est également sujet à débat. Certains critiques y voient une acculturation problématique, éloignant les enfants Biya des réalités et des sensibilités camerounaises.
Cette affaire soulève des questions quant à l'application de la loi et à l'égalité de tous devant celle-ci. Des juristes camerounais s'interrogent sur l'opportunité d'ouvrir une enquête. À long terme, cet épisode pourrait marquer les annales judiciaires, certains appelant à ce que Chantal Biya et sa fille répondent de leurs actes devant la justice.
En juillet 2024, Brenda Biya avait publiquement appelé à la dépénalisation de l'homosexualité au Cameroun. Sa présence au défilé du 8 mars 2026, dans un contexte de répression continue des personnes LGBTQ+ au Cameroun, met en évidence le contraste entre son statut privilégié et la réalité vécue par de nombreux Camerounais.
La question de l'homosexualité reste un sujet sensible au Cameroun, où les personnes LGBTQ+ sont confrontées à la stigmatisation, à la discrimination et à la violence. Des organisations locales œuvrent clandestinement pour leur apporter soutien et assistance.