Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT, a annoncé que la fédération assumera désormais les salaires de tous les sélectionneurs nationaux, une dépense traditionnellement supportée par l'État camerounais. Cette décision marque un tournant potentiellement majeur dans la gestion du football camerounais et pourrait signaler le début d'une période de tensions avec le ministère des Sports (MINSEP).
Pour la première fois, les salaires des onze sélectionneurs nationaux et de leurs staffs seront directement versés par la FECAFOOT. David Pagou, nommé sélectionneur des Lions Indomptables peu avant la CAN 2025 au Maroc, est le premier à bénéficier de ce nouveau système. Eto'o prépare cette transition depuis son arrivée à la tête de la FECAFOOT en décembre 2021, en renforçant les finances de la fédération grâce à des contrats de sponsoring avec MTN Cameroun, Orange Cameroun, Fourteen, Guinness Cameroun, BetPawa, 1XBet, Sky Motors Group et la Société Anonyme des Boissons du Cameroun. De plus, la FECAFOOT a perçu 736 millions de FCFA grâce au parcours des Lions en quart de finale de la CAN.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte de relations tendues entre la FECAFOOT et le MINSEP, dirigé par Narcisse Mouelle Kombi. Le ministre n'a pas commenté publiquement cette décision, mais une source proche du MINSEP indique qu'ils observent attentivement la capacité de la FECAFOOT à assumer ces charges financières. L'État continue de financer les déplacements des sélections et honorera les contrats antérieurs, notamment celui de Marc Brys, l'ancien sélectionneur, jusqu'à son expiration en septembre 2026.
La question de la capacité financière de la FECAFOOT à long terme reste posée. Des rumeurs de difficultés de trésorerie circulent, bien qu'une source interne à la fédération les minimise. La FECAFOOT devra multiplier les contrats commerciaux et optimiser les revenus des compétitions internationales pour assurer sa stabilité financière.
Au-delà des enjeux locaux, cette décision pourrait inspirer d'autres fédérations africaines à réduire leur dépendance financière vis-à-vis des États, conformément aux recommandations de la FIFA et de la CAF. Si la FECAFOOT réussit, elle pourrait devenir un modèle pour le football continental.