Kaptmedia

La faim menace des milliers de familles dans l'Extrême-Nord du Cameroun

L'Extrême-Nord du Cameroun est confronté à une crise alimentaire aiguë. Le conflit et les déplacements aggravent la situation, avec des milliers de familles menacées par la faim. Que fait-on pour aide

La faim menace des milliers de familles dans l'Extrême-Nord du Cameroun
Actualités Cameroun

Des milliers de familles de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun sont confrontées à une insécurité alimentaire croissante, exacerbée par le conflit prolongé dans la région. Les perturbations de la production agricole et pastorale, principales sources de revenus des ménages pauvres, limitent la disponibilité alimentaire et les opportunités économiques.

Selon les données publiées le 24 février 2026 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), une détérioration de la sécurité alimentaire est attendue dans les départements du Logone-et-Chari, Mayo-Sava et Mayo-Tsanaga. Ces zones, déjà fragilisées par les conflits, pourraient passer d'un niveau de « Stress » à celui de « Crise » entre février et mai 2026.

OCHA attribue cette dégradation à l'épuisement rapide des stocks alimentaires, à la faiblesse des revenus limitant l'achat de produits de base, à l'insécurité persistante, aux déplacements continus de populations et à une capacité d'adaptation réduite des populations. Les données de l'organisme ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project) confirment la persistance d'attaques de groupes islamistes contre les communautés rurales tout au long de 2025 et en 2026.

Bien que les récoltes de contre-saison puissent apporter une amélioration temporaire, les ménages déplacés et les groupes les plus vulnérables demeurent dépendants des marchés. L'accès aux terres agricoles étant limité, de nombreux ménages pourraient adopter des stratégies de survie néfastes, telles que la réduction de la taille et de la fréquence des repas, ou la diminution des dépenses non alimentaires. L'agence onusienne prévoit qu'une partie de ces ménages pourrait même se retrouver en situation d'« Urgence » au moins jusqu'en mai 2026.

Les populations affectées font face à un accès limité à la nourriture en raison de la perte de revenus due aux perturbations des moyens de subsistance, du fonctionnement restreint des marchés et des routes commerciales, et des prix durablement élevés des denrées essentielles. La région de l'Extrême-Nord du Cameroun était déjà la plus pauvre du pays avant l'insurrection de Boko Haram, avec 74 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

En 2024, la région a connu ses pires inondations depuis deux décennies, affectant 459 000 personnes et en déplaçant 135 000. Plus de 829 000 personnes ont été confrontées à une grave insécurité alimentaire. Les partenaires humanitaires ont averti que l'aggravation de l'insécurité alimentaire est liée à de graves pénuries de financement. En 2025, seulement 19 % du financement nécessaire à la réponse à l'insécurité alimentaire a été mobilisé.

Face à cette situation, des initiatives sont mises en place pour renforcer la résilience des populations. Grâce au Fonds central d'intervention d'urgence (CERF), des abris climato-résilients ont été construits avec la participation des familles déplacées, contribuant à mieux protéger les communautés contre les futures inondations, tout en restaurant la protection et la dignité.

Source : actucameroun.info