La Colombe du Dja et Lobo a refusé de continuer à jouer lors du Trophée des Champions 2025, dénonçant un arbitrage « sur mesure » en faveur de la Panthère Sportive du Ndé. Le club de la région du Sud a quitté le terrain pour protester contre ce qu'il considère comme une injustice flagrante, rejoignant ainsi le camp de ceux qui osent briser l'omerta dans le football camerounais.
Selon l'analyse d'Alain Denis Ikoul, la Colombe du Sud se sent victime d'un acharnement constant, avec des arbitres agissant de manière partiale et une gouvernance fédérale opaque. Cette situation serait l'aboutissement d'un long conflit, notamment depuis que les dirigeants du club ont révélé, lors de l'Assemblée Générale du 1er février, que la Fédération camerounaise de Football (FECAFOOT) leur devait plus d'un demi-milliard de francs CFA. Ces sommes impayées, réparties sur quatre ans, concernent les subventions de l'État et les primes de champion et de vainqueur de la Coupe.
Le club avait déjà exprimé ses préoccupations concernant l'arbitrage lors d'un match de championnat précédent. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été un penalty jugé « totalement imaginaire » accordé à la Panthère Sportive du Ndé, après que des dirigeants de ce club soient entrés dans le vestiaire des arbitres à la mi-temps. Face à cette situation, la Colombe a choisi de suivre le conseil de Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, donné lors de la finale de la CAN entre le Maroc et le Sénégal, et de dire « non » à l’injustice.
En quittant la pelouse, la Colombe prend un risque considérable, mais assume de combattre ce qu'elle appelle la « République des champions sur mesures », où les victoires se décideraient en dehors du terrain, au mépris du mérite sportif. Le club dénonce la corruption, l'arbitrage partial et le manque de respect envers le public, et souhaite redonner au football ses valeurs d'équité et de justice.
La FECAFOOT a réagi à l'incident en indiquant que les informations relatives à l'arrêt du match ont été transmises aux commissions compétentes pour analyse. L'instance a rappelé que seule l'autorité de l'arbitre est habilitée à évaluer les décisions techniques et que toute contestation doit suivre les procédures réglementaires. La FECAFOOT a également précisé que la décision relative à la validation du match, à l'éventuelle remise du trophée et aux sanctions disciplinaires appartient uniquement aux organes juridictionnels. Les conséquences pour la Colombe pourraient être lourdes, allant d'amendes financières à la suspension de compétitions.
En février 2026, la Colombe du Dja et Lobo accuse la FECAFOOT de lui devoir près de 200 millions de francs CFA, correspondant à plusieurs primes liées à des trophées remportés entre 2024 et 2025, ainsi qu'à des subventions mises à disposition par l'État du Cameroun.
Malgré la condamnation de l'attitude « anti-fair-play » que représente le fait de quitter le terrain, nombreux sont ceux qui soutiennent la démarche de la Colombe, estimant qu'un arbitrage équitable est devenu une chimère dans le football camerounais.