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Kribi face à une vague de criminalité : la ville balnéaire camerounaise en proie à la peur

Kribi est confrontée à une série d'assassinats qui sèment la terreur. Les habitants vivent dans la peur, et l'économie locale est menacée. Quelles sont les causes de cette crise et quelles solutions p

Kribi face à une vague de criminalité : la ville balnéaire camerounaise en proie à la peur
Actualités Cameroun

Kribi, autrefois paisible station balnéaire prisée des touristes et des investisseurs, est aujourd'hui confrontée à une série d'actes de violence qui sèment la terreur parmi ses habitants. En quelques jours, le département de l'Océan a été le théâtre d'événements macabres, avec des assassinats d'une sauvagerie glaçante.

Le 25 février restera une date sombre dans les mémoires. Deux lycéennes du Lycée Bilingue Rural de Kribi ont été retrouvées mortes, leurs corps dénudés et abandonnés dans un fourré à Kribi Kienké. L'état de décomposition avancée des corps témoigne du temps écoulé avant la découverte macabre.

La vague de violence ne s'est pas limitée aux abords du lycée. Un jeune conducteur de moto-taxi a été retrouvé égorgé, sa gorge tranchée avec une froideur effrayante. Son outil de travail, unique source de revenus, a disparu avec ses agresseurs. Dans une ville où le transport par moto est essentiel pour de nombreuses familles, chaque conducteur scrute désormais son rétroviseur avec appréhension.

Une femme âgée a miraculeusement survécu à une attaque similaire grâce à l'intervention opportune d'un engin de la Socapalm, une entreprise agro-industrielle locale. Les agresseurs ont pris la fuite, laissant derrière eux une victime traumatisée mais vivante. Cet incident n'a fait qu'accentuer le climat de peur qui règne dans la ville.

La psychose s'est emparée de tous les quartiers de Kribi. Les habitants vivent dans une peur constante, les parents hésitent à laisser leurs enfants sortir, et les travailleurs rentrent chez eux avant la tombée de la nuit. La ville balnéaire, autrefois un havre de paix, est devenue une prison à ciel ouvert, où chaque ombre est suspecte et chaque bruit provoque un sursaut.

Face à cette situation d'urgence, tous les regards se tournent vers le Préfet de l'Océan, Bouba Haman, en poste depuis août 2025. Décrit comme dynamique, il promet de traquer et de punir les coupables. Cependant, la population, lasse des promesses, réclame des actions concrètes, immédiates et visibles. Les services de gendarmerie sont mobilisés et les enquêtes sont en cours, mais aucune interpellation n'a encore été annoncée. Ce silence des autorités alimente la frustration et l'impatience des familles des victimes, ainsi que de l'ensemble de la population, qui aspire à connaître les noms et les visages des coupables.

Au-delà de la question sécuritaire, l'impact économique de cette crise est préoccupant. Kribi, avec son port en eau profonde, ses industries et son potentiel touristique, attire les investissements étrangers. Cependant, cette vague de criminalité risque de compromettre l'attractivité de la ville. Le secteur du tourisme, autrefois florissant grâce à ses hôtels, ses plages et les chutes de la Lobé, est particulièrement menacé. Les voyagistes pourraient hésiter à promouvoir la destination, et les touristes, tant nationaux qu'internationaux, pourraient se détourner de Kribi.

Ces actes de violence soulèvent des questions fondamentales sur la protection de la jeunesse et la sécurité dans les établissements scolaires. La société civile s'organise et dénonce une défaillance des dispositifs de sécurité, réclamant la création d'une cellule d'enquête spéciale. La peur a profondément modifié les habitudes des habitants, qui s'adaptent à l'insécurité en modifiant leurs comportements.

Tant que la justice n'aura pas fait son œuvre, la psychose continuera de ronger Kribi. La question de la sécurité de la ville reste en suspens, et les habitants vivent dans l'attente d'un retour à la normale.

Source : www.camer.be