Le ministre délégué auprès du ministère de la Justice, Jean de Dieu Momo, a publié une analyse approfondie sur la constitutionnalité et la nécessité de créer un poste de vice-président au Cameroun. Dans un texte rendu public ce 10 avril 2026, il examine les articles clés de la Constitution qui permettent cette réforme.
Momo soutient que l'institution d'une vice-présidence est conforme aux exigences du constitutionnalisme moderne et s'inscrit dans une dynamique d'adaptation des institutions aux réalités politiques nationales. Il rejette les critiques fondées sur une conception dépassée et formaliste du droit constitutionnel, soulignant l'émergence de systèmes constitutionnels hybrides, qu'il qualifie d'« amphiconstitutionnalité ».
Selon Momo, cette réforme vise à réorganiser l'exécutif en plaçant un vice-président, détenteur d'une délégation de pouvoirs distincte de celle du secrétaire général de la Présidence, juste après le Président dans l'ordre protocolaire. Il insiste sur le fait que l'évolution des systèmes constitutionnels contemporains est marquée par une tendance croissante à l'hybridation des formes de gouvernement.
L'analyse de Jean de Dieu Momo s'articule autour de deux axes principaux. Premièrement, il remet en cause les modèles constitutionnels classiques, soulignant que la classification traditionnelle des régimes politiques est aujourd'hui insuffisante pour rendre compte de la diversité des systèmes contemporains. Il met en avant le concept d'amphiconstitutionnalité pour penser ces systèmes mixtes, dans lesquels coexistent des logiques institutionnelles diverses. Deuxièmement, il défend la légitimité fonctionnelle de la vice-présidence dans les États contemporains, notamment comme instrument de continuité et de stabilité de l'État.
Momo avance que la création d'un poste de vice-président répond à une exigence fondamentale : assurer la continuité de l'État, pallier l'empêchement du chef de l'État, éviter les crises institutionnelles et garantir une transition ordonnée du pouvoir. Il souligne également la nécessité d'adapter les institutions aux réalités politiques africaines, marquées par des défis spécifiques tels que l'instabilité politique et la personnalisation du pouvoir.
En conclusion, Jean de Dieu Momo estime que le débat devrait se déplacer de la question de la validité formelle vers celle de l'efficacité institutionnelle, telle que voulue par le Président de la République pour rassurer les partenaires nationaux et internationaux du Cameroun. Pour lui, l'enjeu véritable n'est pas la conformité à un modèle théorique, mais la capacité des institutions à garantir la stabilité, l'efficacité et la représentation du pouvoir. La mise en place de cette vice-présidence permettrait au Cameroun de gagner en présence et en efficacité diplomatique.