Le projet de loi visant à réintroduire un poste de vice-président au Cameroun suscite de vifs débats. Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministère de la Justice, a pris la parole pour expliquer les raisons qui motivent cette modification constitutionnelle. Selon lui, il s'agit avant tout de moderniser les institutions et d'éviter toute vacance ou paralysie du pouvoir en cas d'empêchement du président.
« La création d’un Vice-président permet d’éviter toute vacance ou paralysie en cas d’empêchement du Président », a déclaré Jean de Dieu Momo, soulignant l'importance de cette réforme pour la continuité de l'État.
Le ministre a insisté sur le fait que cette initiative s'inscrit dans une logique juridique cohérente avec les standards constitutionnels modernes. Il a cité l'exemple des États-Unis et du Nigeria, où le vice-président joue un rôle essentiel dans la stabilité du pouvoir exécutif. Pour Jean de Dieu Momo, le Cameroun ne fait que s'inscrire dans une tradition constitutionnelle éprouvée.
Au-delà de la simple continuité du pouvoir, Jean de Dieu Momo voit dans la création d'un poste de vice-président un moyen de rationaliser l'exécutif. Contrairement à certaines idées reçues, il estime que cela ne renforce pas l'hyperprésidentialisme, mais permet une meilleure organisation interne. Il a souligné que, comme aux États-Unis ou en Angola, le vice-président peut participer à l'action gouvernementale et assister le président dans la coordination des politiques publiques.
Un autre argument avancé par le ministre est la capacité accrue de représentation internationale de l'État. Il a rappelé qu'en droit international, la représentation de l'État est essentielle pour négocier, signer des accords et engager la responsabilité internationale. Un vice-président constitutionnellement reconnu pourrait donc représenter le Cameroun avec pleine légitimité juridique, à l'instar de ce qui se fait aux États-Unis ou au Ghana.
Enfin, Jean de Dieu Momo a souligné que la création d'un poste de vice-président constitue un instrument de stabilité constitutionnelle. Il a rappelé que les crises institutionnelles naissent souvent de l'incertitude sur la succession ou l'intérim, et que le vice-président offre une solution claire et prévisible.
Cependant, Jean de Dieu Momo a tenu à mettre en garde contre les revendications identitaires qui pourraient instrumentaliser ce débat. Il a notamment évoqué les arguments en faveur d'un vice-président anglophone, y voyant un risque de prime à la délinquance politique et une menace pour l'unité nationale. « Ne serait il pas temps que les uns et les autres se consacrent à la construction d’un état mosaïque, un et indivisible », a-t-il interrogé.
Pour Jean de Dieu Momo, cette réforme ne change pas la nature présidentialiste du régime, mais la rend plus fonctionnelle, plus sécurisée et mieux organisée pour un État fort et bien structuré.