Au Cameroun, le championnat de première division est marqué par une escalade dangereuse : l'arbitre, autrefois considéré comme un acteur du jeu susceptible d'erreurs, est désormais pointé du doigt comme le coupable systématique avant même le coup d'envoi. C'est l'alerte lancée par Radio Sport Info, qui dénonce une atmosphère délétère où les accusations de corruption et de manipulation fusent sans preuve.
« Qu’il existe des insuffisances dans l’arbitrage ? Il est difficile de dire qu’il n’en est rien. Qu’il faille plus de rigueur, de formation, de transparence ? Sans aucun doute. Mais accuser sans preuve, suggérer systématiquement la corruption, insinuer que chaque décision défavorable est préméditée, c’est franchir une ligne rouge », déplore la radio. Cette culture de la suspicion, alimentée par certains discours médiatiques, crée un climat délétère où la compétition perd son sens et où les esprits sont préparés à l'affrontement.
L'épisode récent du Trophée des champions, marqué par le retrait des joueurs de la Colombe suite à un penalty accordé, est symptomatique de cette situation alarmante. Radio Sport Info insiste sur la nécessité d'une presse responsable, qui éclaire sans enflammer, et met en garde contre les dangers auxquels sont exposés les arbitres lorsqu'ils sont jetés en pâture à l'opinion publique.
La radio appelle à une prise de conscience collective et à l'arrêt de l'escalade verbale, soulignant le risque de conséquences dramatiques si la situation actuelle persiste. Pour marquer le coup et calmer le jeu, RSI souhaite une sanction exemplaire contre la Colombe, afin d'envoyer un message clair et de dissiper le climat délétère qui entoure le corps arbitral. En écho à cet appel, la FECAFOOT a déjà pris des mesures en suspendant des arbitres à la suite de décisions controversées lors de matchs récents.
Il est crucial de se rappeler que derrière chaque décision arbitrale, il y a des hommes et des femmes qui méritent le respect et la protection. Accuser sans preuve, c'est ouvrir la porte à la violence et au chaos.