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Féminicide à Douala : Une femme tuée à la machette dans une école

Une femme a été tuée à la machette dans une école à Douala, au Cameroun, par son compagnon. Ce féminicide souligne l'urgence de protéger les femmes victimes de violences conjugales.

Féminicide à Douala : Une femme tuée à la machette dans une école
Actualités Cameroun

Un acte d'une rare violence a secoué le quartier CCC de Douala ce lundi 23 février 2026. En fin d'après-midi, une femme a été tuée à la machette dans l'enceinte d'une école, un lieu qui aurait dû être un sanctuaire. L'agresseur, son compagnon, l'a poursuivie jusque dans l'établissement scolaire où elle cherchait désespérément refuge. Il l'a rattrapée et lui a tranché la gorge sous les yeux de témoins impuissants, transformant ainsi un lieu d'apprentissage en scène de crime.

La victime, dont l'identité n'a pas été révélée, tentait d'échapper à son agresseur. Sa tentative de trouver refuge dans une école du quartier la Fontaine s'est soldée par un bain de sang. L'homme l'a rattrapée à l'intérieur de l'établissement et a commis l'irréparable.

Une autre femme, témoin de la scène, a fait preuve d'un courage exceptionnel en tentant de s'interposer pour sauver la victime. Malheureusement, elle a été grièvement blessée par l'assaillant. Son acte héroïque, bien que n'ayant pu empêcher le décès de la victime, a marqué les esprits.

L'arrivée rapide des forces de l'ordre a permis d'éviter un lynchage. Une foule en furie, témoin de l'horreur, tentait de s'en prendre au meurtrier. La gendarmerie est intervenue pour le protéger de la vindicte populaire et l'interpeller.

Cet acte de barbarie a plongé le quartier CCC dans un état de choc et de consternation. La violence du crime, perpétré dans un lieu fréquenté par des enfants, a suscité une vague d'indignation et de colère. Ce féminicide met en lumière, une fois de plus, l'urgence de renforcer la protection des femmes victimes de violences conjugales au Cameroun.

Ce drame s'inscrit dans un contexte national alarmant, marqué par une recrudescence des féminicides. Selon le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), 69 cas de féminicides ont été recensés en 2024, contre 56 en 2023, soit une augmentation de 23,2%. Un chiffre qui serait en réalité sous-estimé en raison de la peur, du silence familial et du manque de confiance envers les institutions.

Face à cette situation, le gouvernement camerounais a engagé depuis 2023 l'élaboration d'un projet de loi contre les violences basées sur le genre (VBG). Un atelier de validation s'est tenu en février 2026 à Ebolowa, réunissant le MINPROFF, des ministères partenaires et des partenaires internationaux. L'objectif est de finaliser un texte qui, s'il est adopté par l'Assemblée nationale, pourrait constituer un outil juridique de référence contre les VBG.

L'enquête ouverte par la gendarmerie devra déterminer les motivations exactes de ce crime odieux. Au-delà de cet acte isolé, c'est la question de la protection des femmes et de la prévention des violences conjugales qui se pose avec une acuité particulière au Cameroun. La société camerounaise est appelée à se mobiliser pour mettre fin à ce fléau et garantir la sécurité de toutes les femmes. La recrudescence des féminicides souligne l'urgence d'une action collective et de mesures concrètes pour protéger les femmes et prévenir de tels drames.